Rumeurs sur les commérages : origines, fonctions et mauvaise réputation du commérage

Titre original : The dish on gossip: Its origins, functions, and bad reputation

Écrit par Ashlez Waggoner Denton, Édité par Namkje Koudenburg, Publié en 2012, Traduction par Fanny Lalot

Le commérage est omniprésent – en fait, il est probable que vous ayez transmis, entendu, ou été le sujet de commérages aujourd’hui même. Pourquoi aimons-nous tant parler des autres ? Le commérage fait-il partie de la nature humaine ? Procure-t-il des avantages, pour l’individu ou pour la société ? Dans cet article, je passe en revue ce que les chercheurs ont pu apprendre sur la nature du commérage, sa mauvaise réputation, et les nombreuses fonctions qu'il remplit dans la société.

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Pour en savoir plus sur l'origine des rumeurs, leur mauvaise réputation, et les nombreuses fonctions qu’elles remplissent dans notre société.

Prenez une seconde pour repenser à la dernière conversation que vous avez eue. De quoi avez-vous parlé ? La conversation était-elle focalisée sur vous, ou sur votre interlocuteur ? En êtes-vous venu à parler d’autres personnes ? Il s’avère que la plus grande partie de nos conversations du quotidien est sociale par nature (c’est-à-dire qu’on parle de personnes plutôt que, par exemple, du travail ou de la météo), et que les commérages représentent une part conséquente de ces conversations sociales (Emler, 1994 ; Foster, 2004). Ceci n’est par ailleurs pas uniquement vrai dans les sociétés industrialisées mais se vérifie à travers les cultures (Ben-Ze’ev, 1994 ; Dunbar, 2004). Même ceux qui démentent catégoriquement dire du mal d’autrui devront admettre qu’il leur est arrivé d’écouter des ragots ou d’en être la cible à un moment ou un autre. Le commérage est omniprésent, et pourtant il demeure largement méconnu. L’objectif de ce papier est de mettre en lumière ce que les psychologues et autres chercheurs ont appris au sujet du commérage et de son rôle dans notre société, ainsi que de lever certains malentendus répandus (par exemple que le commérage est futile ou toujours négatif). Dans cette optique, cet article est organisé autour de trois grandes questions : Pourquoi le commérage a-t-il si mauvaise réputation ? Fait-il partie de notre nature humaine ? Et quelles fonctions remplit-il ? Avant toutes choses, examinons ce que le terme « commérage » peut signifier.

 

Définir le commérage

Si vous demandez à un groupe d’amis de donner leur propre définition du commérage, vous observerez probablement que la plupart des gens le définissent comme « parler dans le dos de quelqu’un » ou « propager des rumeurs à son sujet ». Si vous leur demandez si le commérage est quelque chose de « gentil », la plupart vous dira que non. Mais comment les psychologues ou les chercheurs d’autres disciplines définissent-ils le commérage ? Il s’avère qu’il n’y a pas de réponse simple à cette question en apparence innocente. L’origine du mot anglais « gossip » vient du vieil anglais godsibb, qui signifie parrain ou marraine (Fine & Rosnow, 1978). Avant le 19e siècle, le terme « gossip » représentait la rencontre des amis et de la famille qui se réunissaient pour célébrer ensemble la naissance d’un enfant. Ce n’est que plus tard que le mot a pris une connotation plus négative et a commencé à être utilisé en relation avec les femmes uniquement. Son usage actuel a conservé ces connotations, le commérage étant communément défini comme du « bavardage » ou une « discussion entre filles » (girl talk) ; en particulier, comme une discussion malveillante et méprisante au regard d’autrui. Les termes « rumeur » et « commérage » sont souvent utilisés de façon interchangeable, mais tous deux renvoient en fait à des concepts distincts (DiFonzo, 2008). Dans le langage de tous les jours, cet usage à la fois vague et varié du mot commérage ne pose pas de problème. En revanche, les chercheurs ont besoin de le définir en termes très clairs, étant donné qu’il est impossible d’identifier ou de mesurer un concept sans une définition pratique et spécifique de « ce qu’il est » (Foster, 2004). Les chercheurs approchent souvent le concept du commérage sous des perspectives différentes et, en conséquence, leurs définitions peuvent varier. D’un côté, le commérage peut être défini au sens large comme toute conversation, personnelle ou sociale par nature (Dunbar, 2004 ; Fine & Rosnow, 1978). De l’autre, il peut être défini dans un sens plus restreint comme la communication d’informations négatives au sujet d’une tierce personne absente de la conversation. Au terme d’un examen de toutes les définitions ayant pu être avancées, Foster (2004) a proposé la définition suivante qui résume le mieux l’ensemble des travaux : « l’échange d’informations personnelles (positives ou négatives) et évaluatives (positive ou négative) à propos d’un tiers absent » de la conversation (p. 83).  

 

La mauvaise réputation du commérage

Bien que répandu, le commérage a mauvaise réputation. On peut avancer plusieurs raisons expliquant cette perception négative. Plusieurs doctrines religieuses méprisent le commérage (par exemple « Celui qui répand la calomnie dévoile les secrets, mais celui qui a l'esprit fidèle les garde », Proverbes 11:13 ; « […] ne médisez pas les uns des autres », Sourate Al-Hujurat 49:12). Être la cible de ragots peut évidemment être une expérience déplaisante, en particulier lorsqu’ils entachent notre réputation ou sont purement et simplement mensongers (Paquette & Underwood, 1999). On perçoit généralement négativement les personnes qui font circuler des commérages négatifs. Une étude a montré que les femmes qui répandent des commérages négatifs sur leur lieu de travail étaient perçues comme plus avides de pouvoir et moins chaleureuses que celles qui ne le faisaient pas (Farley, Timme, & Hart, 2010). D’autres raisons sous-tendant cette réprobation du commérage incluent le fait que le commérage confère du pouvoir (sous la forme de connaissances) à des individus de bas statut (comme les femmes ; voir De Sousa, 1994), et qu’il rend publiques des affaires privées (Schoeman, 1994 ; Solove, 2007). On rapporte que le monte-charge fut créé de façon à empêcher les serviteurs de surprendre les conversations privées de leurs employeurs et de les propager sur la place publique (Hecht, 1956, cité dans Foster, 2004, p. 78). Ainsi, certains proposent que la réprobation sociale du commérage viendrait du fait qu’il menaçait ceux en position de pouvoir, qui réagirent en tentant de limiter son apparition. Bien que la plupart d’entre nous considère les ragots comme une simple conversation frivole ou blessante qui devrait tout simplement être éliminée, les chercheurs qui étudient le commérage ont identifié de nombreuses preuves de ses bénéfices. Il s’avère que le commérage remplit une variété de fonctions très utiles, et que ses racines remontent jusqu’à nos ancêtres primates.  

 

Les origines évolutives du commérage

Nous avons décrit les origines du mot commérage (gossip), mais qu’en est-il des origines de l’acte lui-même ? Etant donné la large part du dialogue humain que représente le commérage, certains chercheurs pensent que comprendre ses origines implique de comprendre les origines du langage lui-même. L’anthropologue et psychologue évolutionniste anglais, Robin Dunbar, propose que le langage, et plus particulièrement le langage social, a évolué comme un mécanisme permettant d’établir des liens au sein du groupe social et comme un moyen de surveiller les membres de nos réseaux sociaux. La recherche a montré que les membres de toutes les espèces de primates s’engagent dans des comportements de toilettage ou grooming social (par exemple brosser ou nettoyer le poil les uns des autres) dans le but de créer et de maintenir les relations sociales importantes. Il a été proposé que les humains atteignent les mêmes buts en s’engageant dans des discussions sociales : en commérant (voir par ex. Dunbar, 1996, 2004). Comme nous le discuterons en détail plus bas, l’échange de commérages manifeste une preuve de confiance et établit des amitiés entre les individus. Il établit aussi les normes définissant les comportements acceptables au sein du groupe (Foster, 2004). Le commérage permet de propager largement des informations sur qui sont les tricheurs et les profiteurs (en d’autres termes les « mauvaises graines » dans la société), ainsi vous êtes averti à l’avance de ne pas faire confiance à l’individu X sans avoir eu besoin d’interagir au préalable avec lui ou elle. Le commérage représente une part si vitale des interactions humaines que Dunbar va jusqu’à affirmer que « sans commérage, il n’y aurait pas de société » (2004, p. 100).

D’autres chercheurs ont avancé des arguments similaires quant aux aspects adaptatifs du commérage, soutenant que certaines formes de commérage renforceraient le statut social au sein du groupe. Plus spécifiquement, McAndrew et Milenkovic (2002) ont démontré que les individus sont plus susceptibles de relayer des informations négatives au sujet d’étrangers ou de personnes de haut statut et des informations positives au sujet d’amis ou de la famille. Bien que (et les auteurs l’admettent) cela ne constitue pas une preuve en faveur d’une explication évolutionniste du commérage, ils maintiennent que cela appuie l’idée que le commérage pourrait avoir évolué comme un mécanisme favorisant la valorisation du statut de l’individu. Les chercheurs ont également suggéré que notre obsession pour les potins concernant les célébrités pourrait dériver du fait que, en termes d’histoire évolutionniste, les célébrités sont une nouveauté sociale. En conséquence, les mécanismes cognitifs que nous avons développé pour faciliter le suivi des membres de notre groupe sont incapables de faire la distinction entre les vrais membres de notre groupe proche (comme nos amis et famille) et ces autres individus que nous voyons fréquemment et sur lesquels nous savons beaucoup de choses (comme les vedettes de nos émissions télévisées préférées ; Barkow, 1992 ; McAndrew & Milenkovic, 2002).

 

Les fonctions du commérage

Les chercheurs ont proposé toute une variété de fonctions pour le commérage, soutenant que celui-ci sert de réels objectifs et n’est pas un simple bavardage (voir par exemple Fine & Rosnow, 1978). Dans cette section, je me focalise sur les différentes fonctions que le commérage peut remplir pour les individus, même s’il doit être noté que certaines de ces fonctions peuvent plutôt se produire à un niveau collectif (c’est-à-dire servir les intérêts du groupe plutôt que ceux de l’individu). Plusieurs fonctions différentes du commérage ont été proposées au cours des années, mais elles se regroupent en général en deux grandes catégories : les fonctions de maîtrise et les fonctions de lien social.

Exemple d'échange d’informations personnelles (positives ou négatives) à propos d’un tiers absent de la conversation. Photo de Keira Burton provenant de Pexels.

Fonctions de maîtrise

Les fonctions de maîtrise renvoient à toutes les fonctions du commérage qui aident les individus à acquérir des informations sur leur monde social, leur permettant de mieux comprendre et prédire les évènements de façon à en tirer profit (Smith & Mackie, 2007). Il s’avère que l’on peut apprendre bien des choses en écoutant les rumeurs et bruits de couloir. Le commérage procure non seulement des informations au sujet de certaines personnes spécifiques, mais également à propos de notre culture en général, et même au sujet de nous-mêmes. Le fait que le commérage relaie des informations au sujet de tierces personnes fait plus ou moins partie de sa définition, et nous avons déjà mentionné les raisons pour lesquelles ces informations étaient si importantes – parce qu’elles nous apprennent avec qui éviter d’interagir sans avoir à apprendre à nos dépends (via l’expérience directe) que telle personne est un tricheur ou un menteur. Le commérage positif peut aussi être utile, évidemment – par exemple un ami pourra vous apprendre qu’un partenaire romantique potentiel partage votre passion pour l’art moderne, et cela vous motivera à lui proposer un premier rendez-vous. Votre décision quant au fait d’accepter une offre d’emploi pourra aussi être influencée par des discussions avec des employés vous apprenant que votre patron potentiel est très orienté vers la famille et souple en termes d’heures de travail. Ce type d’informations personnelles est très difficilement accessible si ce n’est à travers les commérages, ce qui fait du commérage une forme d’investigation particulièrement importante (Ayim, 1994).

La fonction informative du commérage ne se limite pas au fait de recueillir des informations au sujet d’individus spécifiques ; il s’agit aussi d’apprendre les normes et règles de notre culture en général. Imaginez que vous venez d’accepter une offre d’emploi, et que dans la salle de pause un collègue se plaint un jour d’un autre collaborateur qui « se sert toujours de croissants dans la salle de pause, mais ne prend jamais la peine d’en amener ». Dans cette situation, vous apprenez non seulement quelque chose à propos de ce collaborateur en particulier (qu’il ou elle est égoïste) mais également à propos des normes sur votre nouvel environnement de travail (que profiter des pâtisseries n’est pas un problème tant qu’on est prêt à en amener soi-même de temps en temps). Nul besoin d’assister aux remontrances assénées au collaborateur pour apprendre à éviter de subir le même traitement – les ragots nous en auront autant appris (Baumeister, Zhang, & Vohs, 2004).

Même si le commérage est principalement le fait des adultes et des adolescents, le sociologue Gary Alan Fine (1977) a observé que les enfants s’engagent dans des commérages aussitôt qu’ils commencent à parler, et cela constitue clairement pour eux une voie d’apprentissage du monde social. En commérant sur les expériences de leurs pairs, les enfants et les adolescents apprennent ce qui est et n’est pas approprié dans une large gamme de situations sociales, allant du type de vêtement à porter à l’école à la conduite à adopter lors d’un premier rendez-vous (Fine, 1977). D’autres études ont montré que la création d’une culture des jeunes (c’est-à-dire la création de pratiques culturelles dominantes chez les jeunes, comme les codes vestimentaires ou les codes de langage) n’est pas un processus passif au travers duquel les enfants tentent de reproduire la culture adulte, mais plutôt un processus actif qui implique des négociations et des oppositions sur les rôles sociaux et les catégories culturelles (Gaskins, Miller, & Corsaro, 1992). Dans une large mesure, la création de cette culture des jeunes passe par les discussions entre enfants, qui incluent bien évidemment des commérages – ce qui joue un rôle essentiel dans la négociation des conflits et l’établissement du statut personnel que l’enfant occupera au sein du groupe de ses pairs (Kyratzis, 2004).  

Finalement, comme mentionné plus haut, le commérage nous révèle également des informations au sujet de nous-mêmes, et ce à travers des processus de comparaison sociale. Selon la théorie de la comparaison sociale (Festinger, 1954), les individus ont un besoin fondamental d’évaluer leurs capacités et leurs opinions et, lorsque l’évaluation objective n’est pas possible, ils vont comparer leurs habilités et opinions à celles d’autrui qui leur sont similaires, de façon à se faire une idée d’où ils se positionnent. Par exemple, pour évaluer dans quelle mesure je suis sociable ou populaire (des notions pour lesquelles une évaluation objective est difficile à obtenir), je peux comparer le nombre de mes amis Facebook à celui de mes pairs. Selon Sarah Wert et Peter Salovey, tout commérage implique une comparaison sociale. Dans les cas où des comparaisons directes avec autrui pourraient impliquer un malaise ou des tensions (par exemple, vous ne demanderiez pas à une amie à combien s’élève son salaire, ou avec combien d’hommes elle a couché), le commérage nous permet de nous comparer à autrui de manière indirecte, en recueillant des informations sur nos pairs par l’intermédiaire d’autres personnes, et en évitant ainsi les risques impliqués dans une comparaison directe (Wert & Salovey, 2004).

Fonctions de lien social

Les fonctions de lien social renvoient aux aspects du commérage qui permettent aux individus d’obtenir l’approbation et l’acceptation des personnes et groupes importants pour eux (Smith & Mackie, 2007). Le commérage aide à tisser des liens sociaux en renforçant la relation entre la personne racontant le commérage et celle l’écoutant (dans le cas du commérage en face-à-face) mais aussi en créant un réseau de connaissances partagées et une source de divertissement (dans le cas des potins de célébrités, qui peuvent être relayés par un seul individu à des millions de personnes).

Partager des commérages peut renforcer les liens entre deux individus parce qu’il prouve une certaine confiance. En effet, l’échange de ragots implique l’existence d’un certain niveau de confiance entre les deux parties, ou tout au moins signale que la personne racontant le commérage fait confiance à son auditeur – et ce d’autant plus si le commérage inclut des éléments d’information scandaleux. Sans surprise, on constate que la majorité des ragots est échangée entre amis, et le commérage peut même être utilisé comme une stratégie pour ostraciser certaines personnes (Foster, 2004). Dans leur étude sur l’échange de ragots chez les jeunes filles de 9-10 ans, McDonald et collègues (2007) notent que la propagation de commérages négatifs sert non seulement à nuire à la cible du ragot, mais aussi à renforcer les liens entre les deux amies qui les échangent.

Ainsi, le commérage (et particulièrement le commérage négatif) requiert initialement un certain niveau de confiance et d’amitié, mais permet également de renforcer les liens entre les personnes qui l’échange. La fonction du commérage comme signal (ou création) d’une culture (Baumeister, et al., 2004 ; Kyratzis, 2004 ; Lyons & Kashima, 2001) que nous avons décrite plus haut comme remplissant des objectifs de maîtrise, peut aussi clairement être conçue comme remplissant des objectifs de liens sociaux. L’apprentissage des normes d’un groupe ne nous dit pas seulement comment nous comporter pour obtenir les résultats désirés (par exemple, obtenir une promotion) mais il nous aide aussi à nous affirmer comme « bon » membre du groupe, digne du respect et de l’acceptation des autres membres.

Finalement, le commérage peut être une forme de divertissement, comme en témoigne la multitude de magazines et sites web qui existent dans le seul but de partager les potins sur les célébrités. Bien que cette fonction de divertissement ne permette pas forcément de renforcer des liens sociaux (vous pourriez par exemple lire les derniers potins seul derrière votre ordinateur), je ferais valoir qu’apprendre les derniers potins est bien plus divertissant quand cela est partagé avec des amis, soit en personne soit via l’échange de liens sur les réseaux sociaux. Le fait que les potins concernant les célébrités soient si répandus suggère aussi que cette source d’informations forme une base commune entre individus qui ne se connaissent pas, permettant de briser la glace et de lancer la discussion, et ainsi de créer de nouveaux liens. Notons finalement que le commérage en général – et pas seulement au sujet des célébrités – peut servir de divertissement. Fine et Rosnow (1978) proposent même que cela serait la fonction primaire du commérage dans les situations où une amitié est déjà bien établie entre les parties et « qu’il n’y a ni besoins ni menaces externes » (p. 164). D’autres chercheurs ont avancé que le commérage présente des similarités avec d’autres formes de divertissement renforçant les liens sociaux, comme faire de l’humour (Morreall, 1994) ou échanger des plaisanteries (Ben-Ze’ev, 1994).

Conclusion

Le commérage fait incontestablement partie de la vie humaine et, en dépit de sa mauvaise réputation, il remplit diverses fonctions importantes dans notre société. Bien au-delà d’une conversation creuse et idiote, les motivations et les conséquences du commérage sont bien plus complexes que ne le réalise la plupart des gens. Et bien qu’il puisse parfois être blessant ou problématique, il peut avoir de nombreux bienfaits (et ce même dans le cas du commérage négatif). Après avoir longtemps été ignoré des chercheurs et considéré comme un sujet futile, le commérage est aujourd’hui étudié d’un œil plus attentif – et je vous encourage à en faire autant quand vous serez confronté aux ragots dans votre propre vie. 

 

Références

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