Les réseaux sociaux numériques : sources de dépression, d’anxiété et de jalousie ?

Instagram, Snapchat, TikTok, Facebook…. Plus on utilise les réseaux sociaux numériques et plus on souffrirait de troubles anxieux ou dépressifs. Certains usages sont également liés à de la jalousie ou à une peur d’être exclu socialement. Mieux comprendre les mécanismes en cause contribue à améliorer son bien-être quand on passe du temps sur les réseaux sociaux. 

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Étrange paradoxe : même en groupe, nous ne quittons pas les réseaux sociaux numériques de peur que nos « amis digitaux » s’amusent sans nous. Photo de cottonbro provenant de Pexels.Étrange paradoxe : même en groupe, nous ne quittons pas les réseaux sociaux numériques de peur que nos « amis digitaux » s’amusent sans nous. Photo de cottonbro provenant de Pexels.

Savez-vous que plus on utilise les réseaux sociaux numériques (RSN) et plus on souffrirait de problèmes affectifs, comme des troubles anxieux ou dépressifs ? Certains usages des RSN seraient également liés au développement de sentiments désagréables comme de la jalousie ou de la peur d’être exclu socialement. Une question centrale concerne la nature précise des liens entre les RSN et ce type de problème ; y a-t-il un lien de causalité ? De manière simplifiée, deux hypothèses peuvent être envisagées. La première avance que ce sont les personnes déjà « prédisposées » à de tels troubles qui utilisent le plus les RSN. La seconde hypothèse explique que certains usages contribuent effectivement à provoquer des effets délétères sur le bien-être psychologique et, globalement, sur la santé mentale (Hunt et coll., 2018). Il est également possible que les deux propositions s’articulent. Il est cependant difficile à l’heure actuelle de départager précisément ces deux hypothèses. Comme plus de 4,2 milliards de personnes sur la planète fréquentent les RSN, soit près des trois quarts des adolescents et adultes [1], ces problèmes ne sont pas anodins. Aujourd’hui, les scientifiques en savent plus sur les mécanismes psychosociaux impliqués dans ces troubles. Nous analyserons deux mécanismes majeurs : la FOMO et les comparaisons sociales défavorables (pour approfondir, on conseille le livre de Fourquet-Courbet & Courbet, 2020).

La FOMO ou « la peur de rater quelque chose » 

Les RSN sont devenus un lieu important d’échanges sociaux en ligne. En outre, ils informent et renseignent les utilisateurs sur des événements de la vie hors ligne. Cependant, comme les RSN sont d’immenses plateformes contenant d’abondantes informations et que notre temps est limité en raison des contraintes de notre vie quotidienne on ne peut profiter, ni même accéder, à toutes les opportunités offertes par ces plateformes. Ainsi a émergé la notion de FOMO, acronyme signifiant Fear Of Missing Out (voir Baker et coll., 2016), c’est-à-dire la peur de rater quelque chose.

Qu’est-ce que la FOMO ?

La FOMO a été initialement définie comme une « crainte envahissante que d'autres pourraient avoir des expériences enrichissantes desquelles nous serions absents […] » (Przybylski et coll., 2013, p. 1841). Ces expériences peuvent avoir lieu en ligne ou hors ligne. Les personnes ressentant souvent de la FOMO développent fréquemment des pensées « contraires aux faits », appelées « pensées contrefactuelles » (Neumann, 2020). La pensée contrefactuelle imagine un passé ou un présent différent de celui qui existe. Ce sont des représentations mentales d’alternatives à des faits. Une pensée contrefactuelle pourrait être, en regardant des photos d’une soirée postées par ses amis : « si j'y étais allé, je me serais tellement amusé ». En outre, l’annonce sur les RSN d’une soirée à venir peut générer des regrets anticipés (« si je n’y vais pas, je pourrais le regretter »). Ainsi regrets anticipés et pensées contrefactuelles peuvent-ils contribuer à développer des ruminations mentales et à diminuer les capacités cognitives. En effet, ce type de cognitions occuperait fortement l’esprit et empêcherait, par exemple, de bien se concentrer sur d'autres tâches.

L’internaute sujet à la FOMO cherche à rester le plus souvent possible connecté avec les autres. Il se met par exemple une pression psychologique pour prendre connaissance au plus tôt des nouvelles informations qui circulent sur les RSN, ainsi que des notifications ou messages qu’il reçoit. Il ressent également plus facilement des émotions désagréables quand il ne sait pas ce que font ses amis.

Tentons d’analyser plus en profondeur d’où vient cette FOMO. Souvent, la personne qui a peur que « ses amis s’amusent sans elle » éprouve une crainte plus profonde : celle d’être moins intégrée socialement, voire de ne plus appartenir à son groupe de pairs et de n’être pas assez populaire. L’une des principales causes est la forte envie de satisfaire, via les RSN, deux besoins fondamentaux qui ne sont pas forcément comblés dans la vie hors ligne. Le premier est le besoin de popularité : il s’agit du besoin, variable selon les individus, d’être « aimé et socialement reconnu » par le plus grand nombre de personnes. Le second est le besoin de reconnaissance sociale : pour le satisfaire, il faut se rendre fortement visible sur les RSN, en ayant notamment le maximum de contacts et de signes de cette reconnaissance sociale (des likes, partages, commentaires…). La volonté de satisfaire ces besoins crée ainsi une pression sociale, à laquelle se soumettent les internautes par peur d’être non acceptés voire rejetés par leurs pairs. Ces deux craintes, fondamentalement psychosociales, seraient deux déterminants importants de la FOMO. La mesure de cette dernière à l’aide de questionnaires (Przybylski et coll., 2013) a permis de savoir qu’elle n’est pas corrélée avec les cinq principaux traits de personnalité décrits dans le modèle de référence en psychologie de la personnalité : les Big Five (McCrae & Costa, 1990), à savoir l'extraversion, l’ouverture à l’expérience, le névrosisme, l'agréabilité et la conscienciosité. Depuis quelques années, les psychologues sociaux connaissent mieux, en outre, les conséquences de la FOMO.

Les conséquences de la FOMO

Les recherches scientifiques ont identifié plusieurs conséquences de la FOMO sur les cognitions (pensées), les émotions et les comportements des internautes. Une première conséquence est le temps passé en ligne : plus le niveau de FOMO est élevé, plus le temps passé sur les RSN est important (Baker et coll., 2016). Sur Snapchat, par exemple, certains messages (comme les stories) postés sur cette plateforme disparaissent au bout de 24 heures, ce qui inciterait les usagers à rester connectés pour ne rien manquer. Un jeune sur cinq explique se réveiller pendant la nuit pour consulter ses messages sur les RSN ! Résultat : en classe, il est trois fois plus fatigué que ses camarades. Autre exemple : les étudiants qui présentent un niveau élevé de FOMO sont plus susceptibles de surfer sur les RSN pendant les cours. Les jeunes adultes dans le même cas accordent bien plus d’attention à leur mobile et, plus inquiétant, le consultent et envoient davantage de messages pendant qu’ils conduisent leur voiture (Przybylski et coll., 2013) !

Une autre conséquence de la FOMO est un fort engagement sur les RSN, ce dernier étant défini par une activité bien plus importante que la moyenne des usagers (Amato et coll., 2021). Cet engagement peut répondre à des besoins liés aux interactions sociales (par exemple, partager au plus vite des informations avec des amis), aux nouveaux posts des autres (par exemple, vouloir ne rien louper dans le fil d’actualités ou les stories de son réseau), ou encore à des informations commerciales (obtenir et partager des coupons de réduction ou des informations sur des ventes en cours ; Alt, 2015). Ainsi, plus les individus ont « peur de rater quelque chose », plus ils développent une activité intense et s’engagent sur les RSN. Ils entrent ainsi dans un cercle vicieux, néfaste pour leur santé psychologique. En effet, quand cette activité est élevée, la FOMO devient globalement préjudiciable à la santé mentale et au bien-être (Blease, 2015). Elle est souvent associée à un surcroît de stress, d’anxiété et de symptômes dépressifs.

Plus on utilise les réseaux sociaux numériques et plus on est anxieux et dépressif. Photo de Anna Tarazevich provenant de Pexels.Plus on utilise les réseaux sociaux numériques et plus on est anxieux et dépressif. Photo de Anna Tarazevich provenant de Pexels.

Certains symptômes physiques propres aux effets de l’excès de stress peuvent également apparaître : troubles du sommeil, réduction de l’activité générale… De manière surprenante, les internautes affectés ne diminuent pas pour autant leur engagement dans les RSN ; ils utilisent même parfois ces derniers de manière quasi compulsive, faisant sans doute insuffisamment le lien entre leur mal-être et leurs pratiques numériques.

Les personnes qui ressentent souvent de la FOMO surveillent bien plus que les autres les messages entrants en provenance des RSN. Cette vigilance permanente nécessite un effort mental important impliquant des ressources cognitives parfois considérables (Warme et coll., 2008). Au final, il existe un double risque. D'une part, une fatigue psychologique causée par un épuisement des ressources cognitives (comme les échanges avec autrui demandent un effort cérébral important, le fait de démultiplier les interactions sociales peut être mentalement épuisant, voir Barnett, 2017). D'autre part, cette hypervigilance crée du stress (Beyens, 2016), en partie parce que l'individu se sent démuni et temporairement incapable de répondre aux exigences de la communication immédiate. Peut-être peut-on voir là une explication aux résultats de l’étude de Baker et collaborateurs (2016), qui montrent que les étudiants ayant une FOMO élevée développent peu de relations sociales en face à face et obtiennent des résultats universitaires plus faibles.

Reste cette question : les personnes qui souffrent préalablement de FOMO hors ligne sont-elles également celles qui utilisent le plus les RSN, ou est-ce l’usage répété des RSN qui induit de la FOMO ? Les chercheurs optent plutôt pour cette dernière réponse (Milyavskaya et coll., 2018).

Dans ce cas, il s’agit d’un cercle vicieux, puisque la FOMO conduirait à développer une « dépendance » aux RSN et au mobile, ce qui accroît encore davantage le problème (Courbet et coll., 2020). En outre, d’autres difficultés peuvent apparaître. Par exemple, le besoin de consulter régulièrement son mobile accroît les risques d'accidents de la route. On observe également des comportements de technoférence, qui se traduisent par l’utilisation fréquente du mobile en présence d’autrui, au risque de nuire aux interactions interpersonnelles en présentiel. Chez les parents, des comportements de technoférence excessifs peuvent même affecter le bon développement psychologique des enfants esseulés (Pancani et coll., 2020). La FOMO favorise aussi les comportements multitâches, ces derniers consistant, par exemple, à consulter son mobile tout en accomplissant une autre tâche exigeant de la concentration, d’où la sollicitation de fortes ressources attentionnelles, ce qui produit, à l’extrême, un stress délétère.

Les personnes qui utilisent de manière passive les RSN, c’est-à-dire sans réellement communiquer mais essentiellement en regardant ce que font les autres, développent aussi des sentiments désagréables, provenant en grande partie d’un mécanisme de comparaison sociale avec les autres en leur défaveur. Nous allons développer ce point ci-dessous.

Comparaisons sociales défavorables et « jalousie »

Sur les RSN, beaucoup de personnes ont une tendance à se présenter de façon flatteuse. Quand elles voient que les autres postent, par exemple, des photos où ils vivent apparemment de superbes moments (vie de famille apparemment heureuse, repas et fêtes entre amis…), elles peuvent avoir l’impression que leur vie est moins intéressante. En effet, on oublie souvent que les poses, les mises en scène, les sourires… sont artificiels. Ces (re)présentations de soi, ainsi que les profils enjolivés, contribuent à susciter chez les observateurs des comparaisons sociales, le plus souvent biaisées et défavorables, qui affectent négativement le bien-être (Haferkamp & Krämer, 2011). Encore une fois, ces situations génèrent des affects négatifs et un stress délétère (Hefner & Vorderer, 2017).

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Légende. Les réseaux sociaux numériques donnent souvent l’illusion que la vie des autres est plus intéressante que la sienne, sentiment associé à de la tristesse. Photo de Liza Summer provenant de Pexels.Légende. Les réseaux sociaux numériques donnent souvent l’illusion que la vie des autres est plus intéressante que la sienne, sentiment associé à de la tristesse. Photo de Liza Summer provenant de Pexels.

Plus on passe de temps sur les RSN, plus on a tendance à se comparer aux autres et plus on développe des symptômes dépressifs et d’anxiété : ce constat est particulièrement vrai quand on scrute les profils des autres et qu’on « surveille » leur vie sans communiquer avec eux (c’est-à-dire quand on utilise passivement les RSN ; Frison & Eggermont, 2016). Ainsi, les comparaisons sociales en ligne sont souvent biaisées, défavorables à soi, sources d’envie et de jalousie (Verduyn et coll., 2017). Elles peuvent induire certains processus délétères, comme le ressassement difficilement contrôlable d'idées noires et de pensées négatives (ce que l’on appelle la rumination mentale; Feinstein et coll., 2013). L’estime de soi peut même parfois s’en trouver altérée. Dès lors, les personnes s’évaluent négativement et pensent avoir moins de valeur que les autres, surtout si elles ont déjà préalablement une faible estime de soi (Hefner & Vorderer, 2017).

Quand une personne suit fréquemment la vie des autres sur les RSN, elle met donc souvent en place un biais cognitif (c’est-à-dire, en simplifiant, « une distorsion dans son raisonnement logique »). Elle pense, généralement à tort, que les autres ont une vie plus agréable que la sienne (Lee, 2014), qu’ils sont plus heureux – ce qui est associé à des sentiments d’injustice, de jalousie et d’envie (Chou & Edge, 2011 ; Lup et coll., 2015). En outre, ils ont fréquemment la perception erronée que les autres ont plus de « popularité et de succès » qu’eux. Résultat : plus les personnes utilisent passivement les RSN (c’est-à-dire, essentiellement pour regarder ce que postent les autres), plus ces sentiments ont tendance à se développer, et plus ils se développent, plus ils sont associés à des symptômes dépressifs (Toma, 2017).

Depuis plusieurs millénaires les êtres humains s’adaptent à leur environnement grâce à leur intelligence. À l’ère digitale, nous devons faire preuve d’une plus grande « intelligence numérique » (voir Fourquet-Courbet & Courbet, 2021) pour mieux nous adapter en diminuant les effets délétères de la FOMO et de certaines comparaisons sociales. C’est sans doute ainsi que l’on pourra parvenir à un plus grand « bien-être numérique », au sein d’un environnement dont la digitalisation ne fait que commencer…

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[1] https://www.20minutes.fr/high-tech/2965443-20210130-plus-4-milliards-per..., consulté le 25/09/21

Références

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