Avoir peu (ou beaucoup) d’argent dans une société (in)égalitaire : conséquences psychologiques et comportementales

Au-delà des différences bien connues d’accès au confort, à la santé, à l’éducation, pour ne citer que ces exemples, le niveau de richesse d’un individu affecte également sa manière de percevoir son environnement, prendre des décisions et se comporter au quotidien. Ceci est particulièrement vrai dans les sociétés inégales. En effet, nombreuses sont les études (statistiques nationales, études à grande échelle ou en laboratoire) ayant mis en lumière comment les relations sociales et la psychologie des individus se modifient sous le poids des inégalités économiques. Pour celles et ceux qui manquent d’argent, ce serait même leur santé mentale et leur fonctionnement cognitif qui en souffriraient. 

En complément aux sciences sociales et économiques, la psychologie sociale cherche à comprendre l’impact psychologique du manque d’argent et des inégalités de richesse qui ne cessent de s’accroitre (Zucman, 2019). L’enjeu est double : d’une part, il s’agit de comprendre comment la vie économique des individus et la manière dont ils perçoivent les inégalités influencent respectivement leurs pensées, décisions et comportements ainsi que leur vision du monde social et leur bien être psychologique. D’autre part, il s’agit de comprendre pourquoi il peut être difficile pour eux de s’extirper d’une situation de précarité financière.

Les conséquences psychologiques et comportementales du manque d’argent

Les enquêtes statistiques révèlent que les individus en situation de pauvreté auraient plus de comportements à risque en termes de santé (Pampel et coll., 2010), investiraient moins pour l’avenir (Heim & Lurie, 2014) et souscriraient davantage à des crédits peu avantageux (Melzer, 2011). Souvent qualifiés « d’inadaptés », ces comportements associés au manque d’argent ont suscité dans la communauté scientifique un fort intérêt pour tenter de les expliquer et de les enrayer.

Certaines recherches visent à identifier les mécanismes psychologiques qui fonctionneraient de façon sous-optimale et conduiraient les individus en situation de pauvreté à émettre des comportements « non-adaptés ». Une des pistes les plus investiguées est celle d’une vision myopique ou « court-termiste » des personnes les plus démunies et pour qui une récompense perdrait de sa valeur à mesure qu’elle s’éloigne dans le temps (Pepper & Nettle, 2017). La précarité financière amènerait ainsi les individus à préférer un petit gain immédiat plutôt qu’un gain plus important mais plus tard, ce qui pourrait contribuer à expliquer la difficulté à se sortir de la situation de précarité financière (Peart, 2000). Parfois attribuées à un déficit de processus inhibiteurs (Spears, 2011) ou à une mauvaise gestion du stress financier (Haushofer & Fehr, 2014), les prises de décision économiques des individus précaires sont souvent vues comme le signe d’une défaillance. D’autres approches mettent quant à elles l’accent sur les dimensions structurelles des inégalités pour expliquer ces mêmes comportements.

L’originalité de l’approche cognitive est de tenir compte des particularités du contexte de vie d’une personne ou d’un foyer en situation de manque d’argent : chaque dépense doit être calculée et la marge d’erreur est très faible sous peine de conséquences potentiellement dramatiques (par ex., impayés, dettes, besoins fondamentaux non assouvis, etc.). Selon Mani et collaborateurs (2013), un tel contexte de vie se traduit par un fardeau ou une « charge » cognitive qui pèse sur le fonctionnement psychologique des individus. Pour le démontrer, Mani et collaborateurs (2013) ont demandé à des participants adultes de se confronter à des problèmes d’argents fictifs tels que nous pouvons tous rencontrer au quotidien (par ex., « votre voiture est en panne et la réparation coûte X€ »). Les chercheurs faisaient varier la somme d’argent impliquée de façon à ce que les participants soient exposés à des problèmes d’argent très ou peu coûteux. Pendant qu’ils réfléchissaient à la manière dont ils régleraient ce type de problème si cela leur arrivait, les participants passaient des tests cognitifs. Les résultats indiquent que lorsqu’ils ont eu à gérer des problèmes d’argent très coûteux, les participants les plus pauvres réussissaient en parallèle moins bien les tests cognitifs que les participants les plus riches. En revanche, lorsque les problèmes d’argent étaient peu coûteux, la réussite des participants les plus pauvres aux tests cognitifs était égale à celle des participants les plus riches. Les auteurs interprètent ces résultats comme le signe que les problèmes d’argent coûteux, bien que fictifs, ont particulièrement capturé l’attention des participants les plus pauvres pour qui ce type de problème représente un dilemme réel au quotidien. En conséquence, leur attention n’était que peu disponible pour réaliser les tests cognitifs (Shah et coll., 2018). De façon ironique, d’autres travaux expérimentaux ont montré que le manque d’argent occupe tellement l’attention des individus que ces derniers, placés dans une situation de déjeuner au restaurant, passeraient beaucoup de temps à regarder les prix des plats pour choisir le moins cher, tout en passant à côté d’une information en petits caractères et indiquant une promotion (Tomm & Zhao, 2016). Preuve supplémentaire que ce serait bien la situation de précarité financière, plus que la manière de raisonner per se, qui impacte le fonctionnement cognitif de quiconque la subit, des recherches ont mis en évidence que les individus présenteraient une plus faible préférence pour le présent (Carvalho et coll., 2016) et auraient de meilleures performances cognitives juste après avoir reçu leur salaire (plutôt que juste avant ; Mani et coll., 2020) ou après que leurs dettes se sont vues annulées (Ong et coll., 2019). Il semble donc qu’un changement de situation financière, aussi ponctuel soit-il, suffise à impacter le fonctionnement cognitif. 

Légende. Les « cartes thermiques » permettent de visualiser les endroits regardés sur une image et/ou le temps passé à regarder ces endroits. Plus une zone est rouge, plus cette dernière a été regardée et/ou regardée longtemps. L’étude de Tomm et Zhao (2016) montrent que face à un menu, des individus ayant un budget serré regardent plus longtemps les prix (image de droite) que les individus ayant un budget moins serré (image de gauche). Ces derniers prêtent également moins d’attention à la réduction pour étudiants en bas de menu pouvant, pourtant, soulager leur faible budget.Légende. Les « cartes thermiques » permettent de visualiser les endroits regardés sur une image et/ou le temps passé à regarder ces endroits. Plus une zone est rouge, plus cette dernière a été regardée et/ou regardée longtemps. L’étude de Tomm et Zhao (2016) montrent que face à un menu, des individus ayant un budget serré regardent plus longtemps les prix (image de droite) que les individus ayant un budget moins serré (image de gauche). Ces derniers prêtent également moins d’attention à la réduction pour étudiants en bas de menu pouvant, pourtant, soulager leur faible budget.

Toutefois, certains résultats scientifiques sur les effets psychologiques et comportementaux du manque d’argent peinent à être reproduits (O’Donnell et coll., 2021). Une première raison pourrait être que les chercheurs s’appuient sur des indicateurs objectifs pour considérer la situation financière des individus (par ex., leurs revenus). Or, le manque d’argent gagnerait certainement à être aussi abordé comme un sentiment ou une perception, et donc comme une donnée relativement subjective (de Bruijn & Antonides, 2022). Il est en effet possible qu’une personne puisse avoir des revenus objectivement faibles mais ne pas ressentir de manque particulier compte-tenu de son mode de vie frugal. Une autre raison, reliée à la première, pourrait être le manque de prise en compte du contexte économique sociétal et du niveau des inégalités de revenus. Le sentiment de manque d’argent est probablement plus sévère dans une société marquée par de fortes inégalités. Il est donc possible que ce soit surtout en comparaison à « d’autres » (c’est-à-dire, les « riches ») que le manque d’argent serait le plus psychologiquement désagréable et délétère. 

Les conséquences psychologiques et comportementales des inégalités économiques

En Europe et dans le monde, la richesse[1] des plus fortunés a considérablement augmenté alors que le nombre de personnes en situation de vulnérabilité économique ne cesse de croître (Zucman, 2019). Bien qu’aux yeux de certains, les différences de possession de capital semblent justifiées (Jost & Hunyady, 2003), les individus – primates humains et non-humains, enfants et adultes – réagissent généralement de façon négative aux traitements inégalitaires (par ex. allocation inégale de ressources ; Brosnan & de Waal, 2014). Et au-delà de la violation du principe de justice chère aux yeux de la majorité des individus, les inégalités économiques auraient aussi de multiples conséquences sur le fonctionnement psychologique des individus (Pickett & Wilkinson, 2015).

Une première conséquence de l’existence de fortes inégalités économiques au sein d’une société concerne la manière dont les citoyens se perçoivent mutuellement. Dans des régions ou pendant des périodes fortement marquées par les inégalités économiques, les individus catégorisent plus fréquemment autrui sur la base d’indicateurs financiers (par ex., « les riches » vs. « les pauvres ») et cherchent à obtenir des informations sur autrui qui relèvent davantage de caractéristiques socio-économiques (par ex., leur métier et leurs revenus ; Peters et coll., 2021). Un contexte inégalitaire promouvrait donc une lecture « économique » du monde social.

Une deuxième conséquence, en lien avec la première, est que les inégalités économiques amènent à des comparaisons sociales entre « les riches » et « les pauvres » (Cheung & Lucas, 2016 ; Payne et coll., 2017). En addition aux traditionnelles – et tout aussi problématiques – comparaisons qui opposent la catégorie des femmes à la catégorie des hommes[2], ou celles des jeunes et des personnes âgées, les inégalités économiques favoriseraient une catégorisation entre « riches » d’un côté et « pauvres » de l’autre. Or, la séparation du monde social en deux catégories opposées fragilise la société (Jetten et coll., 2017) et serait associée, entre autres, à un phénomène d’anxiété liée au statut (Kraus et coll., 2013 ; Layte & Whelan, 2014). L’anxiété liée au statut, c’est-à-dire la perception subjective de ne pas « compter suffisamment aux yeux des autres » sur la base de sa place au sein de la société (Delhey et coll., 2017) serait surtout ressentie par les individus qui considèrent occuper une position d’infériorité dans une société donnée et aurait des conséquences négatives sur leur santé mentale au travers de la présence d’émotions négatives (honte, méfiance) et d’une élévation du stress. Peut s’ajouter à cette forme d’anxiété un sentiment d’injustice – ou sentiment de « privation relative » – que les individus les moins bien lotis peuvent éprouver lorsqu’ils se comparent à d’autres mieux lotis (Stouffer et coll., 1949). Le sentiment de privation relative est un sentiment d’injustice issu d’une comparaison sociale défavorable menant à des répercussions affectives et comportementales (par ex. colère ; Smith et coll., 2012). Le sentiment de privation relative serait également associé à une plus faible estime de soi, un mal-être et une insatisfaction dans la vie (Abrams & Grant, 2012). Ainsi, parce qu’il conduit à un contraste renforcé entre différentes catégories socio-économiques, un contexte inégalitaire exacerbe le phénomène de comparaison des possessions et avantages des uns et des autres et se traduit par des conséquences négatives pour la santé et l’équilibre mental des individus.

L’anxiété liée au statut et le sentiment de privation relative se traduisent également par un climat général de compétition pour atteindre une position sociale plus avantageuse ou pour gagner en prestige social. Ce climat de compétition accru dans les sociétés marquées par de fortes inégalités économiques se retrouve également dès le plus jeune âge dans les motivations des élèves (Sommet et coll., 2022). Un tel climat influence également la consommation de biens de « position ». Par exemple, le dernier iPhone peut être considéré comme un bien de position dont la possession est socialement valorisée car elle ne concerne qu’une petite partie de la population. Walasek et collaborateurs (2018) ont ainsi mis en évidence qu’à trois échelles géographiques différentes des USA (de l’Etat, du comté et de la zone urbaine), plus les inégalités économiques et la saillance du statut étaient fortes et associées à de l’anxiété et à un climat de compétition, plus les habitants évoquaient les noms de marques de luxe (c’est-à-dire, commercialisant des biens de position) telles que « Louis Vuitton » ou « Chanel » comparativement à des marques de biens courants (par ex., « Aldi » ou « Walmart »). Dans la même veine, Du et collaborateurs (2021) ont amené les participants d’une étude expérimentale[3] à percevoir les inégalités économiques comme relativement fortes plutôt que faibles et ont trouvé que ces derniers étaient davantage enclins à faire l’acquisition de biens de position, et ce d’autant plus qu’ils se considéraient comme occupant une position sociale basse dans la société. En somme, en induisant une anxiété liée au statut, les inégalités économiques – réelles ou perçues – encourageraient les individus à consommer des biens de position pour maintenir ou gagner du prestige social (Walasek & Brown, 2015). 

A quelques rares exceptions près, les recherches en psychologie s’intéressant aux conséquences des inégalités économiques prennent peu en compte les éventuelles spécificités associées au fait d’être lésé ou au contraire bénéficiaire de l’inégale répartition des richesses. Or, Sommet et collaborateurs (2018) ont mis en évidence que l’accroissement de la compétitivité générale au sein d’une société marquée par les inégalités économiques était en réalité surtout délétère pour les citoyens en situation de précarité financière. Ce sont d’ailleurs les individus occupant des positions sociales dominées ou défavorisées qui ont une perception plus forte des inégalités économiques, probablement parce qu’ils y sont plus fréquemment et négativement confrontés (Schmalor & Heine, 2021). Ce manque de considération du rôle de la situation individuelle dans les effets des inégalités économiques est d’autant plus marqué dans l’étude des corrélats comportementaux et cognitifs de ces inégalités (par ex. la prise de risque accrue en situation inégalitaire ; Payne et coll., 2017). A l’inverse, la question du manque d’argent et de ses répercussions psychologiques (abordée dans la première partie de cet article) est, elle, généralement abordée dans un autre pan de recherches en psychologie dans lequel l’aspect plus ou moins inégalitaire (réel ou perçu) du contexte économique n’est pas systématiquement pris en compte. 

Conclusion 

Vivre dans une société marquée par les inégalités économiques se traduit par un climat de compétition accru qui modifie la manière dont les citoyens se perçoivent, interagissent et consomment. Par ailleurs, manquer d’argent serait associé à un contexte de vie qui entrave le bon fonctionnement cognitif des individus. Qu’en est-il alors des citoyens qui manquent d’argent et vivent dans une société fortement inégalitaire ? A cette question, les recherches en psychologie sociale n’ont pas encore les moyens de répondre. A l’heure où les inégalités s’accroissent et conduisent à une opposition entre ceux qui ont beaucoup et ceux qui ont peu, l’enjeu pour la psychologie est de mieux prendre en compte le contexte sociétal et la manière dont il est perçu et vécu dans les situations individuelles de précarité financière.

 

Notes de fin de document

[1] Les richesses et revenus sont deux dimensions à travers lesquelles les inégalités économiques s’expriment. Si richesses et revenus sont généralement associés, ces deux indicateurs n’aboutissent pas toujours aux mêmes résultats (World Inequality Report, 2022).

[2] Voir dans le même numéro spécial les articles de Louvet et collaborateurs, et Boisselier.

[3] Pour ce faire, les chercheurs présentent aux participants un graphique circulaire qui représente une répartition fictive des richesses des habitants de leur ville plus ou moins inégalitaire. 

 

Références

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