Thermorégulation sociale : le rôle de notre entourage pour économiser notre énergie. Et si votre entourage vous permettait de réguler votre température corporelle ?

À la question : les personnes de votre entourage serviraient-elles, entre autres, à réguler votre température corporelle ? La littérature scientifique répondrait : oui. Nous verrons que réguler sa température corporelle est nécessaire à la survie de nombreuses espèces, et nous expliquerons comment les principes de l'économie de l’action et de la thermorégulation sociale rendent cela possible.

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À partir du mois d’octobre en terre Adélie, une région de l'antarctique, il est possible de voir les petits manchots de 2-3 mois se regrouper en cercle afin de se réchauffer. La température descend à moins 40 degrés et menace leur survie. En se blottissant les uns contre les autres, ils maintiennent une température avoisinant les 37.5 degrés à l'intérieur de leur cercle. Chez l’humain, la régulation de la température corporelle, comme pour les manchots, reste une préoccupation pour la survie, et ce malgré tout notre confort actuel (p.ex., maison, système de chauffage…) : pensez aux bébés qui sont tout simplement trop petits pour réguler leur température seuls. Nous verrons que des chercheurs, incluant ceux de l’Université Grenoble Alpes, ont également découvert que la thermorégulation sociale remplissait un rôle chez les humains à l'âge adulte. L’objectif de cet article est de communiquer des découvertes surprenantes sur le lien entre température et comportement social humain. À la fin de l’article, nous expliquons pourquoi les niveaux de preuves de cette recherche sont encore insuffisants pour être appliqués à la vie quotidienne. 

Les autres nous aident à gérer nos ressources

Au travers d’études, il a été mis en évidence que la présence des autres rend notre monde moins coûteux, métaboliquement. La gestion des ressources énergétiques est fondamentale pour la survie des individus de toute espèce, particulièrement pour les animaux à sang chaud qui régulent leur température de manière interne, comme les humains. Un organisme doit consommer plus d’énergie qu’il n’en dépense. Ce principe biologique, nommé « économie de l’action » (Davies et coll., 2012 ; Proffitt, 2006), consiste en une tendance générale à la conservation d’énergie qui permet aux organismes de survivre, grandir, et se reproduire, et influencerait la manière dont nous percevons notre environnement. En 2006, une étude du chercheur Dennis R. Proffitt a montré que la perception visuelle est impactée par les coûts énergétiques associés à une action. Dans cette étude, les participants devaient estimer l’inclinaison d’une colline située devant eux, soit en portant un sac à dos lourd, soit en n’en portant pas. Les participants qui portaient un sac à dos lourd ont surestimé l’inclinaison de la colline, c’est-à-dire qu’ils ont perçu la colline comme plus inclinée que ceux qui ne portaient pas de sac à dos. Cet effet de surestimation a été retrouvé dans différentes situations par le même auteur. Par exemple, la distance à laquelle des participants doivent jeter une balle paraît plus grande si la balle est lourde plutôt que légère. Le raisonnement derrière cet effet expérimental est que notre perception du monde extérieur serait influencée par l’estimation des dépenses énergétiques nécessaires pour effectuer une action. 

Pour les animaux sociaux, vivre en groupe permet d’économiser les dépenses énergétiques liées à la survie. Le contact social permettrait ainsi de préserver de l’énergie afin de l’investir pour la satisfaction d’autres besoins vitaux. Par exemple, dans une autre expérience, Schnall et collaborateurs (2008)[i], ont étudié l’impact du soutien social sur la perception visuelle. Pendant qu’ils estimaient l’inclinaison d’une colline, les participants devaient penser soit à un de leurs amis, soit à une personne affectivement neutre pour eux, soit à quelqu’un qu’ils n’aiment pas. Plus le lien entre le participant et la personne imaginée était positif, et plus le participant estimait l’inclinaison de la pente comme étant faible. Ainsi, une action est perçue comme plus simple (moins coûteuse énergétiquement) lorsqu’on est accompagné. 

Selon Coan et Sbarra (2015), notre cerveau « budgétise » les ressources disponibles dans l’immédiat et notre entourage est traité par notre cerveau comme une ressource énergétique supplémentaire. Ainsi, si une menace est perçue en présence d'autrui, le cortex préfrontal sera moins actif, et des ressources énergétiques seront économisées (Coan et coll., 2006). Cette proximité sociale permettrait au cerveau d’être moins vigilant aux menaces potentielles, l’individu pouvant compter sur les autres. Dans un contexte de menace, être entouré d’autres personnes permettrait donc de diminuer les coûts énergétiques par deux moyens : un partage des ressources allouées à la vigilance entre les membres du groupe, et un partage des coûts énergétiques associés à une action (une action étant plus facilement réalisable si on a l’aide d’autres individus). Mais les coûts environnementaux ne nous sont pas seulement imposés par la menace. De manière peut-être surprenante, une part considérable des coûts environnementaux nous est imposée par les fluctuations quotidiennes de notre température.

 

La thermorégulation sociale : un mécanisme étonnamment important pour les humains

La température environnementale change tout le temps, et notre corps peut détecter ces changements instantanément. Nous pensons rarement, si ce n’est jamais, à cette incroyable caractéristique du corps humain, car les humains ont créé toutes sortes d’inventions pour réguler leur température : du feu aux vêtements, en passant par les chauffages centraux et les thermostats que l’on peut régler via son téléphone portable. La régulation de la température est une caractéristique omniprésente de la vie moderne, en partie parce que le maintien d’une température corporelle stable est nécessaire à notre survie, au même titre que respirer ou manger (IJzerman et coll., 2015). 

Pour comprendre les éléments essentiels de la régulation de la température, il peut être utile de s’intéresser aux animaux susceptibles d'être très similaires à l’humain dans leur façon d'aborder la régulation de la température et les comportements sociaux. Les humains sont appelés « endothermes homéothermes » (animaux à sang chaud qui régulent leur température de manière interne). Une autre espèce endotherme homéotherme similaire à l’humain dans son comportement social est le singe vervet (Chlorocebus pygerythrus), qui vit au Sud-Est de l’Afrique. Richard McFarland et ses collègues (2016) ont observé le comportement social de ces singes et ont mesuré leur température corporelle. Ils ont découvert que les singes vervet avec le plus grand réseau social avaient une température corporelle qui restait haute, même quand la température extérieure chutait. Scantlebury et ses collègues (2006) se sont intéressés aux coûts métaboliques de la température en présence d’autrui chez le rat rayé champêtre (Rhabdomys pumilio). Ils ont notamment montré que les rats vivant dans un grand groupe consommaient 20% d’énergie en moins que ceux vivant dans un plus petit groupe.

Ce type de comportement est également présent chez les humains, et nous en avons des exemples historiques. Les archives de la ville de Paris indiquent que dans la France prérévolutionnaire du 18ème siècle, il n’était pas rare que deux adultes en couple partagent un unique lit avec leurs enfants, et que les servants partagent leur lit avec d’autres servants (2,3 servants en moyenne par lit). De façon similaire, en Irlande, au milieu du 19ème siècle, des hommes et des femmes pouvaient dormir à 9 personnes dans le même lit. Le gain d’énergie apporté par ce type de comportement n’est pas négligeable. En effet, la production de chaleur corporelle de 7 personnes permet par exemple de chauffer une pièce de 30 mètres carrés à 60% (IJzerman, 2021). Nous pourrions penser que ce mécanisme n’est plus présent chez l’humain, cependant, observer un des principaux mécanismes de thermorégulation du bébé pourrait nous convaincre du contraire : le fait d’être peau à peau avec son donneur de soin induit une augmentation de sa température périphérique (Velandia, 2012). En outre, s’il peut être tentant de penser que ces liens disparaissent à l’âge adulte, cela est hautement improbable : le premier ancêtre humain est apparu sur terre il y a cinq à sept millions d’années. Il est peu probable que quelques décennies de chauffage central aient fait disparaître le lien entre température et comportement social. 

Il semblerait cependant que les humains aient étendu ces mécanismes de « simple échange thermique » à des comportements de thermorégulation sociale « plus complexes et variés » que pour les autres animaux. Dans des études utilisant une méthode empruntée à l'intelligence artificielle (c’est-à-dire l’apprentissage supervisé), IJzerman et ses collègues (2018) ont mesuré la température corporelle et toute une série d’autres variables (comme à quel point les individus sont capables de se confier à leur partenaire amoureux, leur capacité à reconnaître leurs émotions, leur niveau de maitrise de soi, etc.). Parmi une longue liste de variables, ils ont découvert que la diversité du réseau social est l'un des principaux facteurs de régulation de la température corporelle contre le froid (alors que la taille du réseau, importante pour les singes vervets, n'a ici pas d'importance). 

Il existe maintenant une littérature considérable en psychologie sociale montrant le lien entre température et comportement social. Par exemple, quand la température baisse, les personnes ont tendance à plus penser à ceux qu’ils aiment, et cet effet est particulièrement important pour les gens ayant tendance à faire confiance aux autres (IJzerman et coll., 2018). En d'autres termes, les autres peuvent nous aider à réguler notre température. Des températures plus basses peuvent également influencer des décisions économiques : Acker et collaborateurs (2016) ont découvert par exemple qu’une baisse de température incite les gens à trouver une maison plus accueillante. Cette observation était prédite par un besoin plus important de contacter d’autres personnes et s’est traduite par la volonté de payer davantage pour cette maison. 

De manière intéressante, les individus ayant grandi dans des zones géographiques de température moyenne (~22°C) ont des scores plus importants sur les dimensions de personnalité en lien avec la socialisation (p.ex., agréabilité et stabilité émotionnelle) et la croissance personnelle (p.ex., ouverture à l’expérience et extraversion) que ceux vivant dans des zones géographiques dont les températures sont moins clémentes (Wei et coll., 2017). Bien que ces résultats puissent sembler contredire les travaux de IJzerman et ses collègues (2018), nous ne pensons pas que ce soit le cas, ils peuvent être interprétés de deux façons. D’une part, du point de vue de l'attachement, les personnes qui grandissent dans un environnement sûr sont plus enclines à explorer. De la même manière : un « environnement sûr » du point de vue de la température, c’est-à-dire un climat tempéré, permettrait l'exploration sociale. D’autre part, la diversité des réseaux sociaux, pouvant aider à maintenir la température corporelle (IJzerman et coll., 2018), pourrait être considérée comme un moyen de s’adapter aux conditions climatiques exigeantes. Bien qu’appartenir à un large réseau social implique une diversité, donc une complexité des relations, cela ne nécessite cependant probablement pas d’avoir une personnalité agréable dans toutes les relations. Autrement dit, réguler sa température dans un environnement froid semble nécessiter une diversité des relations sociales, ce qui est possible même avec une personnalité moins sociable et agréable que dans les environnements tempérés.

Enfin, les personnes qui souhaitent réguler davantage leur température avec les autres ont tendance à partager davantage leurs émotions avec leurs partenaires intimes et, par conséquent, à se sentir moins seuls (Wittmann et coll., 2020). Il semble donc qu’il existe des différences individuelles dans la façon dont la température influence le comportement. 

Néanmoins, si nombre de ces résultats sont robustes et ont été répliqués, ils ne sont pas encore au point d’être applicables. À la manière de la NASA qui doit effectuer de nombreux tests avant d’envoyer une fusée dans l’espace, nous devons être patients si nous voulons appliquer les sciences psychologiques au monde réel, et nous devons nous assurer que ces découvertes sont testées dans une variété d’environnements différents et que les mécanismes sont bien compris (p.ex., IJzerman et coll., 2020). La recherche sur la thermorégulation sociale a établi un lien robuste entre température et comportement social, mais certains mécanismes causaux ne sont pas bien compris, et les idées ont seulement été testées dans des sous-ensembles limités de la population (Henrich et coll., 2010). Pour résumer, les chercheurs en thermorégulation sociale ne peuvent pas encore formuler de recommandations, mais ils prennent les mesures nécessaires pour y parvenir. 

Les chercheurs de Grenoble développent actuellement des mesures de température plus précises et des instruments d'auto-évaluation pour mieux comprendre ces phénomènes. Ils mènent notamment des études dans lesquelles la température périphérique de couples est mesurée à la seconde près, et appliqueront à nouveau des méthodes reposant sur l’intelligence artificielle pour analyser les données. Si ces chercheurs ont maintenant établi que la température jouait un rôle important dans les relations interpersonnelles, les raisons et mécanismes de ce phénomène restent encore peu comprises. La compréhension de ces mécanismes pourrait notamment avoir son importance dans le développement de thérapies relationnelles (IJzerman et coll.., 2017). Étant donné que les relations interpersonnelles constituent l'un des facteurs les plus importants pour une vie plus longue, plus heureuse et plus saine (p.ex., Holt-Lunstad et coll., 2010), l’étude de ces mécanismes pourrait probablement nous aider à améliorer nos qualités de vie. 




[i] Il est important de noter que certains effets et résultats d’études doivent être relativisés. Nous pensons que les effets présentés dans cet article sont théoriquement plausibles, mais que certains doivent être pris avec précaution (en particulier lorsqu’il s’agit de les appliquer directement à un contexte réel). C’est par exemple le cas de l’effet mis en évidence auprès de 34 participants dans l’étude 1, et de 36 participants dans l’étude 2. Ces deux études sont dites « en sous-puissance statistique », c'est-à-dire qu’elles ont été réalisées sur des échantillons de participants trop faibles pour permettre d’être confiant dans le fait de retrouver des résultats similaires dans des circonstances similaires. Il nous semble important d’adopter une attitude de prudence dans les conclusions que nous pouvons tirer des études et en particulier lorsqu’il s’agit d’appliquer les phénomènes que l’on observe à un contexte réel. Le lecteur intéressé pourra se référer à cet article : IJzerman et coll. (2020). 

Remerciements

Nous remercions Eloïse Ruffier et Lisa Delagneau pour leur participation et leurs commentaires utiles à la rédaction de cet article.

Références

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Coan, J. A., & Sbarra, D. A. (2015). Social Baseline Theory : The social regulation of risk and effort. Current Opinion in Psychology, 1(1), 87‑91. https://doi.org/10.1016/j.copsyc.2014.12.021

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Holt-Lunstad, J., Smith, T. B., & Layton, J. B. (2010). Social relationships and mortality risk: A meta-analytic review. PLoS Medicine, 7(7), e1000316. https://doi.org/10.1371/journal.pmed.1000316

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