Méritez-vous votre succès ? Le syndrome de l’imposteur et ses conséquences

Certaines personnes ont la conviction persistante de ne pas mériter leur succès. En dépit de signes objectifs de réussite, elles pensent manquer de compétences, de tromper leur entourage, et ont par conséquent peur d’être un jour démasquées. C’est ce qu’on appelle le syndrome de l’imposteur et ses conséquences négatives sur la santé et le travail des personnes sont nombreuses. Les récents apports de la psychologie démontrent qu’il s’agit d’un phénomène lié à la fois à des traits individuels (par exemple, des traits de personnalité), mais également à des facteurs psychosociaux (liés à l’environnement dans lequel évoluent les personnes). Pour y faire face, une approche clinique va cibler les facteurs individuels liés à son apparition, tandis qu’une approche psychosociale s’attaque aux facteurs contextuels qui favorisent ces sentiments d’imposture. La présente contribution vise à rendre accessibles les connaissances scientifiques sur le syndrome de l’imposteur, ses conséquences, et les stratégies pour lutter contre.

« Oh, Tim, je viens de passer un week-end épouvantable, parce que je me sentais si peu méritant » (Cerejo, 2015). C’est ce que le biochimiste Paul Nurse a dit à son collègue Tim Hunt peu après avoir appris qu’ils avaient tous deux reçu un prix Nobel. Peut-être vous arrive-t-il également après un succès - certes sans doute moins prestigieux que l’obtention d’un prix Nobel - d’avoir l’impression de ne pas mériter ce succès, de ne pas devoir ce succès à vos compétences ou à vos aptitudes. Après tout, n’avez-vous pas eu de la chance ? Dans ces situations, peut-être avez-vous le sentiment que votre entourage se fourvoie quant à vos capacités réelles, et craignez-vous même d’être démasqué comme moins compétent ou moins méritant qu’il n’y paraît. Cette conviction persistante d’être un imposteur illustre peu ou prou ce qu’on appelle le « syndrome de l’imposteur » (ou « phénomène de l’imposteur » ; Clance, 1985 ; voir Chassangre & Callahan, 2017).

Ce syndrome est observé dans de nombreux secteurs d’activité et dans de nombreuses populations (étudiants, personnel médical, chercheurs, etc.), et attire par conséquent une attention croissante de la part des chercheurs. Dans leur revue de la littérature scientifique sur le sujet, Bravata et coll. (2020) dénombrent 64 articles scientifiques publiés entre 1990 et 2018 et proposant une mesure de la prévalence du syndrome de l’imposteur dans différentes populations. On note également un très grand nombre d’apparitions de ce sujet dans les médias destinés au grand public, impliquant des informations présentant une validité scientifique variable, et dans lesquels on trouve des conseils censés permettre d’en « venir à bout ». Il devient alors quelque peu difficile d’y voir clair et de distinguer le vrai du faux au sujet du syndrome de l’imposteur. Nous allons donc passer en revue les connaissances scientifiques sur ce syndrome, ses conséquences, et les stratégies pour lutter contre.

Qu’est-ce que le syndrome de l’imposteur ?

Harvey et Katz (1985) décrivent les trois signes caractéristiques du syndrome de l’imposteur chez une personne : (1) elle a la conviction de berner les autres quant à ses capacités (2) elle attribue sa réussite personnelle à des facteurs autres que ses capacités (comme la chance ou une erreur d’évaluation) et (3) elle craint d’être démasquée comme étant un imposteur. Ce syndrome implique donc notamment un manque de confiance en soi sans pour autant s’y réduire. Les psychologues Pauline Clance et Suzanne Imes (1978) ont été les premières à identifier le syndrome chez des femmes dont les carrières professionnelles étaient pourtant marquées par la réussite. Le schéma suivant décrit le cycle dans lequel une personne ressentant un syndrome de l’imposteur tend à se retrouver. 

Inspiré de Silver (2022). L’individu travaille dur, d’autant plus qu’il ressent des doutes concernant ses compétences et a peur d’être démasqué. Bien que ce travail entraîne l’approbation d’autrui et une reconnaissance de la qualité de son travail, l’individu voit ce succès comme étant usurpé. Cela crée alors un cycle autoentretenu qui contribue à renforcer l’idée que travailler dur permet d’éviter d’être découvert.Inspiré de Silver (2022). L’individu travaille dur, d’autant plus qu’il ressent des doutes concernant ses compétences et a peur d’être démasqué. Bien que ce travail entraîne l’approbation d’autrui et une reconnaissance de la qualité de son travail, l’individu voit ce succès comme étant usurpé. Cela crée alors un cycle autoentretenu qui contribue à renforcer l’idée que travailler dur permet d’éviter d’être découvert.

Attention, contrairement à ce que le terme « syndrome » pourrait laisser penser, le syndrome de l’imposteur n’est pas considéré comme un trouble psychiatrique. Il ne figure pas dans le Diagnostic and Statistical Manual of mental disorders (DSM) de l’American Psychiatric Association, et n’est pas non plus répertorié comme un trouble dans la Classification Internationale des Maladies (CIM). Le syndrome de l’imposteur est donc un phénomène normal (au sens de « non pathologique »), qui touche de nombreuses personnes. En effet, sa prévalence n’est pas à sous-estimer : 62 à 70 % des personnes seraient amenées, ne serait-ce qu’une fois, à douter qu’elles méritent leur succès (voir Chassangre & Callahan, 2017). On observe néanmoins une certaine variabilité dans les estimations des sujets déclarant en être atteints (entre 9 et 82 % ; Bravata et coll., 2020), ces estimations étant influencées notamment par les outils de mesure (Mak et coll., 2019) et les seuils utilisés. Les estimations varient aussi selon que le syndrome est considéré comme un trait stable chez la personne, ou comme un sentiment ponctuel que tout un chacun peut ressentir à certains moments de sa vie. 

Exemples de questions mesurant le syndrome de l’imposteur, issus de la Clance Impostor Phenomenon Scale. Attention, ces quelques questions ne permettent pas de vous auto-diagnostiquer !Exemples de questions mesurant le syndrome de l’imposteur, issus de la Clance Impostor Phenomenon Scale. Attention, ces quelques questions ne permettent pas de vous auto-diagnostiquer !

Quelles en sont les causes ?

Les études scientifiques identifient deux grands facteurs favorisant le syndrome de l’imposteur : (1) les facteurs individuels et (2) les facteurs contextuels de l’environnement dans lequel évoluent les personnes. Un premier facteur à considérer est la personnalité des individus. En effet, certains traits de personnalité semblent liés au syndrome de l’imposteur (Sakulku & Alexander, 2011). Ainsi, les personnes plutôt introverties et présentant un niveau élevé de névrosisme (tendance à être émotionnellement instables, à rencontrer des difficultés à gérer leurs émotions, à facilement se sentir anxieuses ou déprimées) auraient plus tendance à vivre un syndrome de l’imposteur. Les personnes ressentant ce sentiment d’imposture présenteraient aussi une peur accrue des évaluations négatives (Thompson et coll., 2000) ainsi qu’un perfectionnisme les amenant à penser qu’elles doivent atteindre la perfection afin de recevoir la reconnaissance d’autrui (Ferrari & Thomson, 2006), bien qu’elles soient paradoxalement sujettes à la procrastination pour faire face à leur anxiété (Chassangre & Callahan, 2017).

En plus des facteurs individuels, le syndrome de l’imposteur peut être encouragé par des éléments contextuels (Feenstra et coll., 2020). Ainsi, un facteur en lien avec l’idée de perfectionnisme et de rapport à la réussite tient à l’environnement familial des individus. En effet, cet environnement semble en mesure d’affecter la vision d’un enfant en matière de réussite et influencer la façon dont cet enfant, et plus tard cet adulte aborde la réussite, l’échec et le regard d’autrui (Thompson, 2004). Par exemple, les comportements parentaux surprotecteurs (contrôle et protection excessive de l’enfant ; Want & Kleitman, 2006), ainsi qu’un environnement familial valorisant à outrance la compétition et la réussite (Dinnel et coll., 2002) joueraient un rôle dans le développement d’un futur syndrome de l’imposteur. Par ailleurs, l’appartenance à un groupe social sur lequel pèsent certains stéréotypes peut favoriser les sentiments d’imposture. Plusieurs études suggèrent que les membres de minorités ethniques sont particulièrement touchés par le syndrome de l’imposteur, notamment à cause de stéréotypes liés à leurs origines (Cokley et coll., 2013). Par exemple, il existe des stéréotypes sur les étudiants américains d’origine asiatiques, lesquels seraient particulièrement intelligents, performants et travailleurs. Malgré ces stéréotypes a priori positifs, ces étudiants d’origine asiatique apparaissent particulièrement touchés par le syndrome de l’imposteur, notamment en raison de la peur et de l’anxiété de ne pas être à la hauteur de leur réputation de « minorité modèle » (Cokley et coll., 2013). D’autre part, le contexte et la culture au sein des institutions influencent l’apparition du syndrome de l’imposteur. En effet, plusieurs études indiquent que les évaluations continues, le climat concurrentiel et la pression à la performance chez les chercheurs académiques (une population particulièrement sujette au syndrome de l’imposteur) constituent l’une des causes du syndrome de l’imposteur chez les chercheurs (Hutchins & Rainbolt, 2016). Pour comprendre le syndrome de l’imposteur chez une personne, il faut tenir compte de l’environnement dans lequel il apparaît.

L’apparition du syndrome de l’imposteur relève donc de facteurs multiples, personnels et contextuels, dont l’identification va jouer un rôle déterminant dans l’élaboration de potentielles solutions pour y faire face — dans une approche clinique pour les facteurs individuels, dans une approche psychosociale pour les facteurs contextuels.

Quelles en sont les conséquences ?

Les conséquences individuelles du syndrome de l’imposteur pour ceux qui le ressentent sont nombreuses (Bravata et coll., 2020). En ce qui concerne la santé, de nombreuses études montrent entre autres des liens entre le sentiment d’imposture et des niveaux élevés d’anxiété et de stress (pouvant aller jusqu’au burnout), des tendances dépressives, une propension à ressentir des émotions négatives, à avoir une faible estime de soi, ou encore à développer des symptômes somatiques. Dans la sphère du travail, et toujours à titre d’exemple, le syndrome de l’imposteur est associé à une perte de motivation intrinsèque (c’est-à-dire une perte de l’envie de faire son travail pour le plaisir et une diminution de la satisfaction que cela procure)  ; à une diminution des performances et de la satisfaction au travail  ; à des difficultés à gérer l’équilibre entre vie professionnelle et vie privée.

À l’échelle sociétale et institutionnelle, de même que dans la sphère professionnelle en particulier, le syndrome de l’imposteur aurait tendance à agir comme un frein dans les perspectives de carrière (Mullangi & Jagsi, 2019), d’autant plus que le syndrome de l’imposteur ne s’atténuerait pas avec l’âge (Hutchins & Rainbolt, 2016). Les personnes développant ce sentiment d’imposture auraient par exemple plus de difficultés à établir un plan de carrière et d’évolution, ainsi qu’à envisager des positions de management (Neureiter & Traut-Mattausch, 2016). Or, le syndrome de l’imposteur semble toucher en particulier les personnes issues de minorités ethniques, ainsi que les femmes dans certains contextes (même si les hommes sont également affectés ; Bravata et coll., 2020). Ainsi, le syndrome de l’imposteur viendrait s’ajouter à d’autres difficultés de ces communautés dans le monde du travail ( stéréotypes, discriminations), et nuirait à la représentation de ces groupes dans certains secteurs d’activité.

Comment lutter contre le syndrome de l’imposteur ?

Comme nous le disions précédemment, le développement d’un sentiment d’imposture semble relever à la fois de facteurs individuels et contextuels. Ainsi, pour lutter contre son apparition et ses effets, il convient de combiner à la fois une approche clinique et une approche psychosociale. D’une part, une approche clinique se donne pour objectif d’atténuer les conséquences du syndrome pour l’individu, ou de lui donner des outils d’adaptation. D’autre part, une approche psychosociale agit sur les causes contextuelles du syndrome de l’imposteur en cherchant à améliorer l’environnement de l’individu, de manière à réduire autant que possible les facteurs de risque liés à son apparition.

En ce qui concerne l’approche clinique, il n’existe pas à notre connaissance de prise en charge spécifique et scientifiquement validée du syndrome de l’imposteur, c’est-à-dire pour laquelle des données empiriques démontreraient une efficacité pour réduire ce syndrome et ses manifestations (Bravata et coll., 2020). Les professionnels confrontés à des patients souffrant du syndrome de l’imposteur tendent alors généralement à utiliser des protocoles variés tels que les thérapies comportementales et cognitives (ou TCC). Celles-ci ont montré leur efficacité sur certaines comorbidités comme l’anxiété et la dépression, les thérapies de groupe permettant potentiellement de sortir du sentiment d’isolement souvent manifesté par les patients, ou encore des jeux de rôles susceptibles de favoriser l’expression des ressentis du patient (Chassangre & Callahan, 2017).

L’approche psychosociale permet quant à elle de formuler des recommandations pour améliorer les environnements professionnels et donc réduire la probabilité pour les individus de développer un syndrome de l’imposteur. Par exemple, certaines universités encouragent la création d’espaces de discussion entre collègues autour de ce syndrome, des facteurs de stress et des solutions individuelles (Hutchins & Rainbolt, 2016; bien que ces interventions n’aient pas fait l’objet d’études scientifiques validant leur efficacité). De plus, lutter contre les stéréotypes et mettre en place des politiques inclusives au sein des organisations et des structures professionnelles pourraient permettre non seulement de réduire le sentiment d’imposture, mais également d’en diminuer les risques d’apparition (Feenstra et coll., 2020 ; Mullangi & Jagsi, 2019). De manière plus globale, cette approche tend à rappeler l’importance de combattre les inégalités structurelles (racisme, sexisme) qui contribuent à l’apparition du syndrome de l’imposteur au-delà du monde professionnel, dans la société dans son ensemble. 

Enfin, l’approche psychosociale permet de générer des pistes de recherche intéressantes et de stimuler les débats autour du syndrome de l’imposteur. Notamment, si celui-ci amène les individus qui en sont atteints à négliger l’importance de leur propre mérite dans leurs succès (Byrnes & Lester, 1995), il ne faut pas pour autant verser dans l’extrême inverse en estimant que ces succès sont uniquement dus à leurs compétences, indépendamment de facteurs extérieurs. En d’autres termes, l’approche psychosociale est en mesure de rappeler que lutter contre le syndrome de l’imposteur n’implique pas de renier le rôle du contexte, de l’aide d’autrui, ou encore du hasard.

Références

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