Les symboles nationaux comme vecteurs d’unité ? Rôle du drapeau dans l’attachement au groupe national et les relations intergroupes.

Les symboles nationaux, et particulièrement les drapeaux, sont omniprésents dans nos sociétés, mais que sait-on de leur impact ? Dans quelle mesure les drapeaux nationaux influencent-ils notre attachement au groupe national et les relations entre les groupes au sein d’une nation ? 

Les drapeaux sont omniprésents dans nos sociétés et la question se pose de connaître leur(s) impact(s) sur les relations entre les individus. Photo par hpgruesen de PixnioLes drapeaux sont omniprésents dans nos sociétés et la question se pose de connaître leur(s) impact(s) sur les relations entre les individus. Photo par hpgruesen de Pixnio

A quoi servent les symboles nationaux ? Différents travaux suggèrent qu’ils jouent un rôle important pour le groupe national : ils permettent de définir le groupe et ses valeurs, de renforcer sa cohésion et sa distinction avec d’autres groupes nationaux (par ex., Mach, 1993). Au quotidien, les symboles figurent au premier plan des façades des bâtiments publics jusque sur les étiquettes de produits de consommation. Par exemple, en 2019, une mesure s’appliquant à l’Éducation Nationale a instauré l’affichage du drapeau et de l’hymne nationaux dans toutes les salles de classe en France. Cette mesure vise à faire « adhérer aux valeurs de la République, la faire aimer » selon Éric Ciotti, député porteur de l’amendement. Ces multiples recours aux symboles nationaux questionnent quant à leur incidence réelle sur la vie en société, ainsi que sur les attitudes et comportements des individus. Fédèrent-ils effectivement les citoyens autour de la nation ? Qu’en est-il de leur impact sur les relations avec les individus issus d’autres groupes ? Les symboles contribuent-ils à davantage d’entente ou, au contraire, à l’exacerbation des intolérances et au rejet des différences ?

Les symboles nationaux s’immiscent dans la vie quotidienne et pourtant, ils passent souvent inaperçus auprès des citoyens. Être entouré en permanence de symboles nationaux, par exemple du drapeau national, développe, sans que l’on s’en rende compte, un sentiment d’attachement à sa nation et renforce la distinction que l’on perçoit entre son groupe ( endogroupe) et les autres groupes (exogroupes) ; c’est le phénomène du «  nationalisme ordinaire » (Billig, 1995). Selon Billig, lorsque la nation est perçue comme étant menacée (par exemple, lors d’une crise ou d’un conflit avec d’autres groupes), ce nationalisme ordinaire peut évoluer en un nationalisme plus explicite, affichant ouvertement un désir de supériorité de sa nation sur les autres. Ainsi, les symboles, en tant que marqueurs et rappels quotidiens de l’appartenance nationale, permettraient le développement d’attitudes favorables à l’égard de son groupe national, possiblement aux dépens d’autres groupes. Les propositions de Billig ont été démontrées par des études empiriques en psychologie sociale confirmant que les symboles modifient les attitudes et les comportements des individus qui s’y trouvent exposés. Bien que notre propos questionne l’influence des symboles nationaux dans leur ensemble, les travaux existants ont principalement porté sur les drapeaux nationaux, qui seront donc l’objet central de cette revue. Nous verrons tout d’abord comment l’exposition aux drapeaux nationaux peut renforcer l’unité de la nation, mais que cette unité n’inclue pas forcément tous les sous-groupes qui la composent (par ex., exclusion de certains sous-groupes minoritaires). Nous aborderons ensuite dans quelle mesure l’exposition aux drapeaux et à leur dégradation affectent les relations intergroupes, surtout à l’égard de sous-groupes minoritaires, immigrés ou étrangers. 

Les symboles : vecteurs d’unité du groupe

Tout d’abord, les symboles nationaux permettent de renforcer l’unité de la nation, en construisant une mémoire et une histoire commune (Bell, 2003 ; Connerton, 1989). Par exemple, le symbole de la Marianne ou le drapeau tricolore en France sont intrinsèquement liés à la Révolution française et accompagnent l’émergence de la nation républicaine. Ces symboles véhiculent l’histoire de la France, offrant aux citoyens des bases culturelles communes. Être exposé au drapeau national de son endogroupe susciterait des pensées liées à l’unité et la cohésion du groupe, comme le confirment par exemple des travaux menés auprès de Nord-Américains. Dans une étude (Butz, 2007), des participants devaient compléter des mots aux lettres manquantes et ce, en présence ou non du drapeau national. Pour certains mots, les complétions pouvaient être faites avec des mots neutres ou avec des mots du champ lexical de l’unité. Par exemple, G_OU_ pouvait être complété en anglais par GLOUT (mot neutre, signifiant « faire la moue ») ou par GROUP (mot appartenant au champ lexical de l’unité, signifiant « groupe »). Lorsqu’ils se trouvaient en présence de leur drapeau, les participants complétaient davantage de mots avec des concepts liés à la notion d’unité. Ainsi, l’exposition au drapeau national rend plus présentes dans l’esprit des personnes des pensées liées à l’unité, à la cohésion. Cela suggère que le drapeau national éveille effectivement une perception, voire un sentiment de cohésion de la nation.

Dans l’étude de Butz (2007), les participants doivent former des mots en complétant les lettres manquantes. Lorsque le drapeau national est affiché au mur, les mots trouvés appartiennent davantage au champ lexical de l’unité (par exemple, sur l’image ci-dessus, les participants proposaient le mot « GROUP [groupe en français] »). Lorsque le drapeau est absent, les mots sont plus neutres (les participants complétaient par exemple par le mot « GLOUT [faire la moue en français] »). Images de wanvector.group du nounproject, et Clker-Free-Vector-Images de PixabayDans l’étude de Butz (2007), les participants doivent former des mots en complétant les lettres manquantes. Lorsque le drapeau national est affiché au mur, les mots trouvés appartiennent davantage au champ lexical de l’unité (par exemple, sur l’image ci-dessus, les participants proposaient le mot « GROUP [groupe en français] »). Lorsque le drapeau est absent, les mots sont plus neutres (les participants complétaient par exemple par le mot « GLOUT [faire la moue en français] »). Images de wanvector.group du nounproject, et Clker-Free-Vector-Images de Pixabay

De plus, l’exposition à un drapeau national renforce l’identification implicite, c’est-à-dire automatique et non conscientisée, des citoyens à la nation (Butz & Plant, 2008). Cette étude a été menée avec une tâche d’Implicit Association Test (IAT ; adaptée de Greenwald et coll., 1998). Cette tâche permet d’évaluer la force d’association entre deux éléments présents dans l’esprit des participants en utilisant le temps de réponse que met un participant à catégoriser deux concepts ensemble. Plus le participant classe rapidement deux termes ensemble (dans ce cas, « soi » et « nation »), plus ils sont associés dans son esprit. Ainsi, lorsque les participants étaient en présence d’un drapeau américain, ils associaient plus rapidement les concepts liés à soi à ceux liés à la nation, montrant une augmentation de l’identification au groupe national. Les drapeaux nationaux présentent également des implications comportementales : apposer un drapeau national sur des produits de consommation renforce les comportements d’achat de ces produits, particulièrement chez les personnes les plus attachées à la nation (Carvalho & Luna, 2014). Tous ces éléments montrent que l’exposition à un drapeau national renforce l’unité et la volonté de faire perdurer le groupe, en augmentant la cohésion et l’investissement des individus au sein de celui-ci. Cependant, ce constat doit être nuancé par la manière dont est définie la nation.

Les citoyens peuvent avoir différentes conceptions de ce qu’est un « vrai » membre de leur nation. Ils peuvent alors définir l’endogroupe de manière inclusive, selon des critères civiques (est un « vrai Français » tout individu qui, par sa nationalité, possède et exerce ses droits civiques), reconnaissant dès lors que des individus de différentes origines peuvent être pleinement citoyens et composer la nation. Mais cette définition du groupe national peut également être exclusive, selon un critère ethnique (est un « vrai Français » toute personne appartenant depuis plusieurs générations à ce pays), considérant alors un sous-groupe majoritaire comme étant le « vrai » groupe national. Ainsi, le symbole active certes une volonté d’unité de la nation, mais cette unité peut concerner un groupe national défini plutôt de façon inclusive (avec une conception de l’identité nationale fondée sur des critères civiques) ou exclusive (fondée sur des critères ethniques). En Nouvelle-Zélande, pays multiculturel (reconnaissant officiellement différentes cultures) avec une forte présence de citoyens d’origine māorie et d’origine européenne, une étude utilisant l’IAT a montré que le drapeau national est associé de manière équivalente à ces deux sous-groupes ethniques (mais non aux Néo-Zélandais d’origine asiatique ; Sibley & Liu, 2007). En revanche, cette même étude menée aux États-Unis a montré que les participants américains blancs et Asio-américains associaient plus rapidement le drapeau national au concept de « Américain blanc » que de « Afro-Américain » ou « Asio-Américain » (Devos & Banaji, 2005). Autrement dit, les Américains blancs et d’origine asiatique ont intériorisé le fait que le drapeau représente davantage les personnes blanches. Les Afro-américains quant à eux associaient « Américain blanc » et « Afro-américain » davantage que « Asio-américain » au drapeau national. Ces études montrent qu’une définition ethnique du groupe national, plus ou moins restrictive, est associée au drapeau.

L’exposition aux drapeaux nationaux permet donc de renforcer la cohésion de la nation, mais cette dernière peut avoir une dimension exclusive en considérant que le « vrai » groupe national se fonde sur certains critères, en particulier ethniques. La manière dont est définie la nation conduit dès lors à nuancer l’effet des symboles sur le renforcement de l’unité d’un groupe national composé de citoyens d’origines diverses. En effet, la volonté de faire perdurer l’endogroupe peut également mener au rejet et la discrimination de certains autres groupes.

Impact sur les sous-groupes minoritaires et exogroupes

La volonté de consolider le groupe national, renforcée comme nous venons de le voir par l’exposition à un drapeau national, peut avoir pour contrepartie d’augmenter le soutien à une forme de statu quo. Autrement dit, l’exposition à un drapeau peut conduire les citoyens à vouloir maintenir l’organisation de la société telle qu’elle est et ce, même si elle est défavorable à certains sous-groupes minoritaires (T. J. Carter et coll., 2011).

Les travaux révèlent que l’exposition aux symboles affecte différemment les attitudes implicites ou explicites à l’égard des sous-groupes minoritaires et des exogroupes. Au niveau explicite, être exposé au drapeau national peut diminuer les attitudes négatives à l’égard de groupes minoritaires au sein d’une nation. Par exemple, lorsqu’elles sont en présence du drapeau américain, des personnes américaines nationalistes expriment moins d’hostilité envers des personnes d’origine arabe ou musulmane (Butz et coll., 2007). Un phénomène similaire s’observe sur une population israélienne (Hassin et coll., 2007). En présence du drapeau de leur pays, les Israéliens les plus nationalistes expriment moins d’hostilité envers les Palestiniens. En revanche, les moins nationalistes expriment davantage d’hostilité lorsqu’ils sont exposés au drapeau national. Cet effet peut traduire la fonction de cohésion du drapeau : en présence du drapeau national, les attitudes des citoyens deviennent moins polarisées et plus unifiées, particulièrement envers les différents sous-groupes qui composent la nation. Cependant, l’exposition au symbole national induit des réactions différentes au niveau implicite, provoquant des attitudes plus négatives envers des sous-groupes minoritaires. Ce renforcement des attitudes implicites négatives est constaté envers les Afro-Américains auprès d’une population américaine ou envers les Palestiniens auprès d’une population israélienne (Hassin et coll., 2009).

D’autres études rapportent des effets pouvant paraître contradictoires avec les travaux présentés précédemment : l’exposition aux drapeaux nationaux augmente les attitudes explicites négatives à l’égard d’exogroupes. En effet, dans une étude conduite sur une population américaine, l’exposition aux symboles nationaux attise le nationalisme, mais non le patriotisme (Kemmelmeier & Winter, 2008). Le nationalisme a de nombreuses conséquences pour les relations intergroupes, provoquant une hostilité plus importante envers des exogroupes (Federico et coll., 2005 ; Golec de Zavala et coll., 2005), envers les immigrés (Ariely, 2012 ; Leyens et coll., 2003) ou encore envers des groupes minoritaires au sein d’une nation (Blank & Schmidt, 2003 ; N. M. Carter & Pérez, 2016 ; Li & Brewer, 2004). Ainsi, en renforçant le nationalisme, le symbole national peut générer des attitudes plus négatives à l’égard de personnes étrangères. Par exemple, l’exposition au drapeau national augmente les préjugés envers les immigrés chez les personnes les plus nationalistes en Allemagne (Becker et coll., 2012), ou encore augmente le soutien à l’intervention militaire en Irak auprès des Américains (Gelpi et coll., 2013). Cette différence de résultat entre les études montrant soit une diminution, soit une augmentation de l’expression d’hostilité pourrait être due à la perception des exogroupes comme faisant partie ou non du groupe national. L’exposition au drapeau national diminuerait l’hostilité envers des personnes d’origine étrangère mais perçues comme membres de la nation, et augmenterait l’hostilité envers des personnes perçues comme n’appartenant pas au groupe national.

L’exposition aux drapeaux nationaux peut éveiller des attitudes explicites positives envers des sous-groupes minoritaires au sein de la nation mais induire un effet contraire au niveau implicite. Cela corrobore le fait que, d’une part, les symboles nationaux poussent à une unité du groupe. D’autre part, ils légitiment une forme de statu quo au sein de la nation et peuvent conduire à la perpétuation d’attitudes négatives envers des sous-groupes dévalorisés au sein de la société et des groupes considérés comme en dehors de cette nation (par ex., immigrés, autres groupes nationaux). Cet effet est particulièrement présent chez les personnes les plus nationalistes ou dans des situations de conflits intergroupes. Ceci confirme que les drapeaux peuvent renforcer la tendance à différencier et favoriser son groupe national, aux dépens d’autres groupes.

Impact de la dégradation des symboles

Exemple de « dégradation d’un symbole » où un drapeau est brûlé lors d’une manifestation. Image issue de Wikimedia Commons. Exemple de « dégradation d’un symbole » où un drapeau est brûlé lors d’une manifestation. Image issue de Wikimedia Commons.

Nous avons vu que l’exposition aux drapeaux nationaux affecte les attitudes et comportements des individus. Le symbole est également un instrument de protestation, particulièrement à travers des outrages et dégradations. De fréquentes polémiques sur les hymnes sifflés, le déboulonnage de statues, ou encore des drapeaux brûlés en manifestation rappellent combien l’atteinte à des symboles nationaux est sensible et divise les citoyens. Si ces actes font polémique, leur effet ne s’arrête pas là : ils contribuent également à façonner les attitudes envers les sous-groupes minoritaires et exogroupes nationaux.

Dans le cadre d’un travail de thèse (Marinthe, 2020), différentes recherches se sont intéressées à cette question en France et montrent que les individus réagissent différemment à des atteintes au drapeau national en fonction du contexte. Des études ont été menées avec des supporters français en amont de matches du tournoi de l’Euro de football 2016 (Marinthe et coll., 2020). Une compétition sportive présente un contexte dans lequel les symboles nationaux sont particulièrement valorisés et associés à des émotions positives (par ex., von Scheve et coll., 2014). Ce contexte est alors susceptible de déclencher des réactions de défense de l’identité nationale et de ses symboles. En effet, demander aux participants d’imaginer leur drapeau brûlé augmente leurs attitudes négatives non seulement envers la nation adverse dans la rencontre sportive, mais également envers d’autres nations. Si cet effet est particulièrement prégnant dans un tel contexte, il se retrouve également en dehors d’un contexte de compétition sportive (Marinthe et coll., 2021). La dégradation du symbole national éveille un sentiment de menace, qui provoque à son tour des attitudes plus négatives envers des groupes dits dévalorisés, issus de minorités visibles (par ex., maghrébins et asiatiques). Cependant, tous les individus ne réagissent pas de cette façon aux atteintes aux symboles nationaux. Les dégradations de symboles sont particulièrement menaçantes pour les personnes les plus patriotes aveugles. Le patriotisme aveugle (attachement à la nation proche du nationalisme, Schatz et coll., 1999 ; Schatz & Staub, 1997) correspond à une loyauté rigide au groupe. Les personnes étant plus patriotes aveugles sont réticentes à critiquer leur nation et se soumettent aux décisions prises, sans les questionner. Ce sont donc les personnes les plus patriotes aveugles qui se trouvent les plus sensibles aux atteintes à leur drapeau national et expriment davantage d’hostilité à l’égard de sous-groupes minoritaires lorsque leur drapeau est brûlé (Marinthe et coll., 2021).

En conclusion, les symboles, marqueurs de la nation, affectent les attitudes explicites et implicites des individus. Plus particulièrement, les drapeaux nationaux permettent de promouvoir l’unité du groupe national et sa distinction avec les autres nations. Ils peuvent être vecteurs de davantage d’harmonie entre les différents sous-groupes composant la nation. Cependant, ces effets bénéfiques du drapeau sont également à nuancer. Ils dépendent de la manière dont est définie la nation, qui varie selon les pays et selon les individus. Les drapeaux peuvent renforcer l’intériorisation des inégalités, menant à des attitudes plus négatives envers des sous-groupes minoritaires. En outre, un drapeau national, qu’il soit exposé ou dégradé, peut contribuer à l’expression d’hostilité accrue à l’égard de membres d’autres nations ou des personnes immigrées. Cela s’observe particulièrement chez les citoyens les plus nationalistes ou lorsque le contexte met en avant une compétition ou un conflit avec d’autres groupes. Les symboles nationaux peuvent donc unir ou désunir en fonction du contexte, des groupes ciblés ou des caractéristiques des citoyens. Ils ont une influence sur la vie en société et ces études appellent à une réflexion approfondie sur l’usage de ces symboles pour venir effectivement favoriser l’harmonie au sein d’une nation.

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