- assistance éditoriale
- Claudia Toma
Ada Lovelace, Grace Hopper, Dorothy Vaughan… Ces femmes ont marqué l’histoire de la technologie. Cependant, leurs noms restent bien moins connus que ceux de Bill Gates, Steve Jobs ou Mark Zuckerberg, alors que leur contribution est essentielle. Par exemple, les travaux de Hedy Lamarr sont à l’origine du Wifi, ceux de Fei-Fei Li ont été décisifs dans le développement de l’Intelligence Artificielle. Ainsi, les femmes sont invisibilisées et sous-représentées dans la technologie (domaine communément appelé tech), malgré leurs compétences et leur rôle dans l’innovation. De plus, force est de constater que leur nombre diminue d’année en année. En 2022, elles représentaient 22% des effectifs dans les métiers de la tech en Europe (Blumberg et coll., 2023), un chiffre en baisse depuis les années 1980 (Collet, 2011). En outre, plus de 50% quittent le secteur après quelques années de carrière (Blumberg et coll., 2023). Pourquoi sont-elles si peu nombreuses dans la tech ? Et pourquoi, même lorsqu’elles y accèdent, n’y restent-elles pas ?

La tech, un domaine en pleine expansion
De nos jours, la technologie est omniprésente et joue un rôle essentiel dans notre quotidien. Des outils tels que les ordinateurs, les smartphones, l’intelligence artificielle ou encore les logiciels de visioconférence sont devenus indispensables pour communiquer, travailler, s’informer et interagir avec le monde qui nous entoure (Smith, 2021). Par son développement rapide, dynamique et constant, elle s’impose dans de nombreux secteurs, transformant nos modes de vie et de travail. L’OCDE (2004)[1] définit le secteur technologique comme regroupant les métiers qui conçoivent, exploitent et maintiennent l’infrastructure de l’économie numérique. Il ne se limite donc pas à la production d’outils numériques, mais englobe également leur installation, leur maintenance et leur amélioration dans des domaines variés tels que la médecine, la recherche et le commerce (Cornet et coll., 2024). En ce sens, la technologie influence notre façon d’innover, de résoudre des problèmes et d’interagir avec notre environnement.
Cette transformation entraîne une forte demande en compétences, ouvrant la voie à de nombreux emplois socialement valorisés et offrant une bonne rémunération (Arengi, 2023). Pourtant, alors qu’elles étaient autrefois sur-représentées dans le domaine technologique, les femmes voient leur présence décroître en même temps que ce dernier gagne en attractivité et en prestige, tant sur le plan économique que social.
Vers l’exclusion des femmes des métiers de la tech
Les femmes ont longtemps occupé une place importante dans les métiers technologiques. En effet, elles ont été massivement embauchées comme codeuses dès les années 1940 et l’apparition des premiers ordinateurs. Un exemple marquant est celui de l’équipe ENIAC (Electronic Numerical Integrator And Computer) aux Etats-Unis, composée de six femmes ayant programmé le premier ordinateur permettant de réaliser des calculs complexes très rapidement. À cette époque, coder était perçu comme une activité féminine proche du secrétariat, métier associé de façon caricaturale à l’utilisation de la machine à écrire et à des compétences réputées « féminines » de rigueur, minutie, patience, précision et répétition (Gardey, 2001 ; Stevens, 2007). Offrant des carrières a priori sans risques physiques et considérées comme socialement acceptables pour les femmes, ces choix de métiers correspondaient donc aux attentes stéréotypées (Collet, 2011 ; Frink, 2011).
Cependant, à partir de 1967, l’image de la technologie change. Elle n’est plus perçue comme une succession de tâches simples et répétitives, mais comme nécessitant un processus complexe d’analyse et de réflexion, de planification ou encore d’élaboration de codes efficaces. Ainsi, ce changement de perception permet de favoriser l'association du domaine de la tech aux stéréotypes masculins liés aux mathématiques, à la logique et aux compétences « innées » en informatique et ainsi d'évincer les femmes au prétexte qu'elles n'auraient pas ces compétences. Peu à peu, les tests de recrutement privilégient l’évaluation de compétences en mathématiques, matière où les garçons sont davantage formés à l’école, conduisant à un investissement plus massif des hommes dans ce domaine (Frink, 2011). L’exclusion progressive des femmes dans les métiers de la tech s’accentue avec l’arrivée de l’ordinateur personnel (aussi appelé micro-ordinateur) au début des années 1980 (Collet, 2004, 2011). Les garçons, encouragés par leurs pères dans l’apprentissage de l’informatique, deviennent les principaux utilisateurs de ces machines dès l’enfance (Schinzel, 1997). Par ailleurs, la commercialisation du micro-ordinateur est marquée par la médiatisation de l’image du hacker, notamment dans la science-fiction. Le hacker est alors dépeint comme une personne de pouvoir et dominant le monde (Collet, 2004). En conséquence les garçons s’approprient de plus en plus le secteur, là où les filles s’en éloignent progressivement, créant des « microsociétés masculines étanches et très repliées sur elles-mêmes » (Collet, 2004, p.50).
La masculinisation de la tech : un obstacle à l’inclusion des femmes
L’évolution de la tech s’est accompagnée d’une masculinisation du secteur : à mesure qu’il gagnait en prestige et en pouvoir, les hommes l’ont investi, reléguant les femmes à l’arrière-plan. Il est donc essentiel d’identifier les facteurs structurels et culturels qui freinent l’entrée des femmes, mais aussi leur fidélisation dans ce secteur. Les recherches permettent d’en dégager trois : la culture organisationnelle sexiste, l’image de la personne prototypique travaillant dans la tech et le traitement inégalitaire entre les femmes et les hommes.
Le premier facteur est la culture organisationnelle sexiste qui caractérise le secteur de la tech (Piquard, 2025). La culture d’un environnement de travail se construit autour des croyances, attitudes, pratiques, et normes véhiculées au sein de cet environnement (McLean, 2003). Dans la tech, cette culture repose sur une forte présence masculine, renforcée par des stéréotypes de genre (Istrate & Savu, 2020), une forte compétition (Petit & Teece, 2021), un isolement professionnel des femmes (Annabi & Lebovitz, 2018) et des cas fréquents de harcèlement sexuel (Funk & Parker, 2018). Cette dynamique crée un environnement de travail où l'hostilité envers les femmes, ainsi qu’envers d'autres groupes minoritaires (par ex. les personnes noires, Duverglas, 2023 ; Rankin & Thomas, 2020), est prévalente, contribuant à renforcer la domination masculine dans ce secteur. De plus, ce climat dissuade souvent les femmes de signaler les cas de discrimination et de harcèlement, favorisant une « culture du silence » qui ignore ou minimise les comportements irrespectueux, ce qui conduit à une forte tolérance au sein de l'organisation (Sleiter, 2019).
Le second élément renvoie à l’image que l’on a d’une personne travaillant dans la tech, une image stéréotypée largement véhiculée par les médias (par ex., dans les séries et films de science-fiction, Collet, 2011). Ce prototype est souvent associé à l’image du hacker, généralement représenté comme un homme blanc, naturellement doué en informatique, antisocial et totalement dévoué à son travail (Collet, 2011 ; Leslie et coll., 2015). Cette image contraste fortement avec celle associée aux femmes, perçues comme moins compétentes que les hommes dans ce domaine, et se devant d’accorder plus d’importance à la création et au maintien de relations sociales positives, ou encore à leur vie familiale plutôt qu’à leur carrière. Ces stéréotypes alimentent l'idée que les femmes, et de façon plus prégnante les femmes noires, n’ont pas leur place dans les métiers de la tech et ne pourront jamais incarner l’image type du professionnel de ce secteur (Kenny & Donnelly, 2020).
Enfin, le troisième facteur influençant la présence des femmes dans la tech réside dans un traitement inégalitaire au travail. Cette différence de traitement se traduit notamment par des discriminations en termes d’évolution professionnelle et salariale, un manque de soutien de l’organisation au développement de carrière, ainsi que le manque d’engagement des entreprises en matière de lutte contre les discriminations. Les femmes sont ainsi moins bien rémunérées, bénéficient de moins d’opportunités de promotion, et reçoivent un soutien insuffisant de la part de leur hiérarchie (Trinkenreich et coll., 2022), notamment en cas de signalements de situations de discrimination (Sleiter, 2019). Ces obstacles freinent leur progression professionnelle et compromettent leurs perspectives d’évolution à long terme, les rendant difficiles, voire inaccessibles. En conséquence, de nombreuses femmes se sentent sous-estimées et envisagent de quitter le secteur de la tech (Kenny & Donnelly, 2020).
Les conséquences d’une sous-représentation des femmes dans la tech
La sous-représentation des femmes dans la tech a des conséquences importantes, tant pour les femmes elles-mêmes que pour les entreprises et la société dans son ensemble. En effet, de nombreuses recherches ont souligné l’importance de la diversité, y compris de la diversité de genre, au sein des organisations. D’une part, la diversité et l’inclusion jouent un rôle clé dans l’innovation. Un manque de diversité tend à instaurer un modèle normatif, limitant l’émergence d’idées nouvelles (e.g., Andrulis et coll., 2012). À l’inverse, un environnement riche en diversité, qu’elle soit de genre, d’origine ethnique, d’âge, de parcours ou d’expériences, favorise la création d’un espace où chacun et chacune se sent libre de s’exprimer et valorisé pour sa contribution (Banham, 2018). Cela contribue au développement de cultures organisationnelles qui valorisent la pluralité des perspectives, encouragent le dialogue ouvert et soutiennent une vraie inclusion (Kuteesa et coll., 2024). D’autre part, le manque de diversité de genre et un climat non inclusif réduisent la satisfaction au travail et augmentent le turnover, ce qui accentue les conflits et détériore les relations intergroupes (Nishii, 2013). De plus, cela renforce les dynamiques de pouvoir en place, encourageant des comportements de domination tels que le harcèlement sexuel (Sleiter, 2019). Enfin, à l’échelle sociétale, la diversité joue un rôle clé dans la promotion de la justice sociale, la réduction des inégalités systémiques, ainsi que dans le renforcement de la cohésion sociale (Rosa, 2025).
En résumé, la sous-représentation des femmes dans la tech constitue un problème social, éthique et économique majeur, freinant le potentiel d'innovation de l’industrie, perpétuant les disparités de genre et affectant le statut professionnel et social des femmes ainsi que la santé de l’ensemble des employés (Kuteesa et coll., 2024).
Pour conclure : améliorer l’environnement de la tech pour une meilleure inclusion des femmes
Les inégalités de genre sont particulièrement marquées dans le secteur de la tech, ce qui souligne l’urgence à adopter des actions concrètes pour améliorer l’inclusion et la fidélisation des femmes (Kenny & Donnelly, 2020). La techest marquée par des normes qui contribuent à rendre ce secteur hostile aux femmes, soulignant l’impact du contexte dans les inégalités de genre. Il est donc essentiel de chercher à modifier cet environnement afin de promouvoir un cadre plus inclusif, favorisant l'attraction et la fidélisation des femmes dans ce secteur.
Aujourd’hui, de plus en plus d'entreprises prennent conscience de l'importance des enjeux de diversité et d'inclusion et cherchent à mettre en place des actions. Cependant, la plupart des initiatives des entreprises de la tech,comme c’est le cas par ailleurs dans d’autres domaines, se concentrent sur le développement personnel, le coaching et la formation des femmes (par ex., Annabi & Lebovitz, 2018 ; To, 2025). Il s’agit par exemple de proposer des formations visant à « apprendre » aux femmes à négocier leur salaire et à exercer un leadership efficace, ce qui peut perpétuer des stéréotypes de genre et contribuer à maintenir le statu quo. En se concentrant sur le développement individuel des femmes, ces initiatives minimisent l'impact des facteurs structurels et systémiques qui contribuent aux inégalités de genre (Ray & Girerd, 2022). Plutôt que de faire reposer la responsabilité sur les femmes, il est essentiel que les entreprises et les institutions prennent et créer un environnement professionnel inclusif, en abordant des problèmes tels que l'exclusion, le harcèlement et les inégalités salariales qui constituent des problématiques contextuelles et systémiques (Kim et coll., 2018).
[1] Organisation de Coopération et de Développement Economiques (https://www.oecd.org/fr/about/directorates/directorate-for-education-and-skills.html)
Diversité: la diversité renvoie aux éléments qui nous rendent différents les uns des autres (ex : ethnie, genre, etc.). La diversité va au-delà de différences démographiques, s’appuyant également sur des différences en termes de culture, d’orientation sexuelle, d’âge, de valeurs, de statut, de capacités, de préférences ou encore de traits psychologiques (définie par Jones et coll., 2013).
Jones, J. M., Dovidio, J. F., & Vietze, D. L. (2013). The psychology of diversity: Beyond prejudice and racism. John Wiley & Sons.
Hacker: « Les hackers étaient à l’origine des informaticiens brillants, passionnés de programmation et de systèmes informatiques. En passant dans le langage courant, il est devenu synonyme de « Craker », c’est-à-dire de pirate informatique. » (définie par Collet, 2011, p.28)
Inclusion: l’inclusion repose sur le fait que les membres de divers groupes se sentent valorisés et respectés au sein d’une organisation, d’un projet ou d’un système social (définie par Taylor, 2020).
Taylor, C. (2020). Diversity and inclusion. Parks Stewardship Forum, 36(3), 432–436. https://www.jstor.org/stable/48799091
Inégalités de genre: Les inégalités de genre se manifestent par un traitement inégal et des opportunités différentes en fonction du genre des individus. Ces disparités sont enracinées dans les relations de pouvoir et les dynamiques sociales, où, dans une conception binaire du genre, les femmes ont été historiquement dominées par les hommes dans divers aspects de la vie (définie par Moen & Pedersen, 2024).
Moen, M., & Pedersen, U. (Eds.). (2024). The Routledge Handbook of Gender Archaeology. Taylor & Francis. https://doi.org/10.4324/9781003257530
Intervention: Activité conçue pour modifier un état de fait, un contexte établi (définie par von Hellens et coll., 2012).
von Hellens, L., Trauth, E. M., & Fisher, J. (2012). Increasing the representation of women in the information technology professions: Research on interventions. Information Systems Journal, 22(5), 343-353. https://doi.org/10.1111/j.1365-2575.2012.00412.x
Prototype: Un prototype est une représentation mentale/cognitive des caractéristiques qui décrivent et prescrivent les attributs d’un groupe. Il constitue soit un exemplaire (i.e., un membre typique d'un groupe), soit un idéal (i.e., une représentation abstraite des caractéristiques du groupe). Les prototypes englobent tous les attributs distinctifs d'un groupe, incluant les croyances, les attitudes, les sentiments et les comportements qui les distinguent des autres groupes.
Hogg, M. A., & Terry, D. I. (2000). Social identity and self-categorization processes in organizational contexts. Academy of management review, 25(1), 121-140. https://doi.org/10.2307/259266
Secteur de la technologie: Secteur regroupant les métiers qui conçoivent, exploitent et maintiennent l’infrastructure de l’économie numérique, ne se limitant pas à la production d’outils numériques, mais englobant également leur installation, leur maintenance et leur amélioration dans des domaines variés tels que la médecine, la recherche et le commerce (définie par l’OCDE, 2004 dans Cornet et coll., 2024).
Annabi, H., & Lebovitz, S. (2018). Improving the retention of women in the IT workforce: An investigation of gender diversity interventions in the USA. Information Systems Journal, 28(6), 1049-1081. https://doi.org/10.1111/isj.12182
Arengi, M. (2023). Métier qui paye bien en 2023 : les jobs qui offrent les meilleurs salaires. Business Cool. https://business-cool.com/decryptage/salaire/metier-paye-bien-meilleurs-salaires/
Ashcraft, C., McLain, B., & Eger, E. (2016). Women in tech: The facts. Colorado, CO, USA: National Center for Women & Technology (NCWIT).
Andrulis, R. S., Ligon, G. S., & Zongrone, B. M. (2012). Diversity: A normative study for education, health care, administrative, and manufacturing industries. Journal of Psychological Issues in Organizational Culture, 2(4), 38-48. https://doi.org/10.1002/jpoc.20087
Blumberg, S., Krawina, M., Mäkelä, E., & Soller, H. (2023, 24 janvier). Women in tech: The best bet to solve Europe’s talent shortage. McKinsey & Company. https://www.mckinsey.com/capabilities/mckinsey-digital/our-insights/women-in-techthe-best-bet-to-solve-europes-talent-shortage
Collet, I. (2011). Effet de genre: le paradoxe des études d’informatique. tic&société, 5(1). https://doi.org/10.4000/ticetsociete.955
Collet, I. (2004). La disparition des filles dans les études d’informatique: les conséquences d’un changement de représentation. Carrefours de l’éducation, (1), 42-56. https://doi.org/10.3917/cdle.017.0042
Cornet, A., Collet, I., & Wuidar, S. (2024). Modèle d’analyse de la place des femmes dans les métiers du digital et du numérique: l’influence du genre. Question (s) de management, 49(2), 113-129. https://doi.org/10.3917/qdm.229.0113
Duverglas, F. (2023). The Discrimination of Black People in The Tech Industry. https://scholarworks.brandeis.edu/esploro/outputs/9924265783801921
Frink, B. D. (2011). Researcher reveals how “Computer Geeks” replaced “Computer Girls”. Gender News. https://gender.stanford.edu/news/researcher-reveals-how-computer-geeks-replaced-computer-girls
Funk, C., & Parker, K. (2018). Women and men in STEM often at odds over workplace equity. https://www.pewresearch.org/social-trends/2018/01/09/women-and-men-in-stem-often-at-odds-over-workplace-equity/
Gardey, D. (2001). La dactylographe et l'expéditionnaire: histoire des employés de bureau, 1890-1930. Belin.
Heybach, J., & Pickup, A. (2017). Whose STEM? Disrupting the gender crisis within STEM. Educational Studies, 53(6), 614-627. https://doi.org/10.1080/00131946.2017.1369085
Istrate, A. M., & Savu, D. (2020). Gender stereotypes--a frontier for women in computer science. Journal of Information Systems & Operations Management, 14(2).
Kenny, E. J., & Donnelly, R. (2020). Navigating the gender structure in information technology: How does this affect the experiences and behaviours of women?. Human Relations, 73(3), 326-350. https://doi.org/10.1177/0018726719828449
Kim, J. Y., Fitzsimons, G. M., & Kay, A. C. (2018). Lean in messages increase attributions of women’s responsibility for gender inequality. Journal of personality and social psychology, 115(6), 974. https://doi.org/10.1037/pspa0000129
Kuteesa, K. N., Dagunduro, A. O., Ajuwon, O. A., & Favour, C. (2024). Addressing gender inequality in tech workplaces: Challenges and opportunities. https://doi.org/10.57219/crrms.2024.2.1.0037
Leslie, S. J., Cimpian, A., Meyer, M., & Freeland, E. (2015). Expectations of brilliance underlie gender distributions across academic disciplines. Science, 347(6219), 262-265. https://doi.org/10.1126/science.1261375
McLean, D. (2003). Creating a workplace culture that attracts, retains and promotes women. Workplaces That Work.https://www.princeedwardisland.ca/sites/default/files/publications/iws_workplaces.pdf
Nishii, L. H. (2013). The benefits of climate for inclusion for gender-diverse groups. Academy of Management journal, 56(6), 1754-1774. https://doi.org/10.5465/amj.2009.0823
Petit, N., & Teece, D. J. (2021). Innovating big tech firms and competition policy: favoring dynamic over static competition. Industrial and Corporate Change, 30(5), 1168-1198. https://doi.org/10.1093/icc/dtab049
Piquard, A. (2025, 11 janvier). Mark Zuckerberg veut plus d’ « énergie masculine » et moins de politique de diversité. Le Monde.fr. https://www.lemonde.fr/economie/article/2025/01/11/mark-zuckerberg-veut-plus-d-energie-masculine-et-moins-de-politique-de-diversite_6493340_3234.html
Rankin, Y. A., & Thomas, J. O. (2020, February). The intersectional experiences of Black women in computing. In Proceedings of the 51st ACM technical symposium on computer science education (pp. 199-205). https://doi.org/10.1145/3328778.3366873
Ray, F. A., & Girerd, L. (2022). Pourquoi les révolutions sont-elles si rares ? La justification du système comme principe explicatif de la légitimation des inégalités. In-Mind. https://fr.in-mind.org/article/pourquoi-les-revolutions-sont-elles-si-rares-la-justification-du-systeme-comme-principe
Rosa, J. M. (2025). The Critical Importance of Diversity, Equity, and Inclusion (DEI) and the Detrimental Impact of Anti-DEI Policies.
Schinzel, B. (1997).Why has female participation in German informatics decreased ? In Women, work and computerization: Spinning a web from past to future. Actes de la 6e International IFIP- Conference, Bonn, Allemagne.
Schmader, T. (2023). Gender inclusion and fit in STEM. Annual Review of Psychology, 74(1), 219-243. https://doi.org/10.1146/annurev-psych-032720-043052
Sleiter, G. (2019). An Exploratory Research into the Causes, Consequences and Patterns Regarding Sexual Harassment in the Workplace in the US Technology Industry: Proposals for Change. https://doi.org/10.13140/RG.2.2.31607.06562
Smith M. (2021). These college majors have the best return on investment, according to a new report. CNBC, Aug. 19. https://www.cnbc.com/2021/08/19/these-college-majors-have-the-best-returnon-investment.html
Stevens, H. (2007). Destins professionnels des femmes ingénieures. Des retournements inattendus. Sociologie du travail, 49(4), 443-463. DOI : https://doi.org/10.4000/sdt.22826
To, J. (2025). DEI needs to fix systems, not people. The Conversation. https://theconversation.com/dei-needs-to-fix-systems-not-people-247877
Trinkenreich, B., Wiese, I., Sarma, A., Gerosa, M., & Steinmacher, I. (2022). Women’s participation in open source software: A survey of the literature. ACM Transactions on Software Engineering and Methodology (TOSEM), 31(4), 1-37. https://doi.org/10.48550/arXiv.2105.08777

